Magou Samb, musicien éclectique

Difficile de suivre le musicien et chanteur sénégalais Magou Samb dans tous ses projets. Nous l’avons attrapé au vol, entre quatre projets. Il se dévoile.

Couleur Café : Que représente Paris pour toi ?

Magou Samb : La musique et les rencontres. À Paris, bien de choses magnifiques se sont passées. J’ai croisé Tonton Manu Dibango à Radio Africa. Je ne savais pas qu’il connaissait mon père, lorsqu’ils étaient étudiants et musiciens. Ils sont devenus potes. Il était aussi ami avec un de mes oncles, il venait à Ngor quand nous étions enfants. Il m’avait invité pour ses 50 ans de carrière, c’est là que j’ai aussi rencontré Robert Brazza.

Couleur Café : Nous sommes en 2026, qu’est-ce que tu nous prépares ?

Magou Samb : Plein de projets, notamment DakarTrans, qui est une formation inédite composée de potes du Sénégal, beaucoup plus expérimenté que moi. Il y a Alphonse qui est un excellent guitariste et pianiste, le plus âgé du groupe, Mamane qui accompagne le Positif Black Soul, Pape Diouf et d’autres artistes, il y a aussi Ignace Fofana qui est un incroyable bassiste, puis il y a  Idi Gallo. Depuis deux ou trois ans, nous avons monté cette formule, et on joue du Mbalax.

Il y a aussi ce projet, Camelot Nomade, avec ma femme, qui est plus acoustique. Et enfin cet autre projet qui s’appelle Immigrant Music, que j’ai fait avec un musicien américain qui s’appelle Thomas Bailey. Ben qui joue de la basse organise des jams, tous les mois à la Gallia, à Pantin, une brasserie qui fait des scènes, des concerts. C’est de la musique traditionnelle américaine, j’apporte la touche de l’Afrique de l’Ouest et plein de choses.

Couleur Café : Comment as-tu rencontré Thomas Bailey ?

Magou Samb : Dans un studio, Il est venu me voir et  m’a dit : « toi, je t’ai vu jouer de la guitare. » Il voulait que je joue dans son album, je ne pensais pas pouvoir l’accompagner car  pour moi c’est de la musique de cowboys. J’ai écouté sa musique, on a fait des essais, je n’étais pas sûr d’être à ma place, mais lui, en était convaincu, il n’a pas lâché l’affaire. Plus tard, j’ai découvert que ce sont des Afro- Américains qui ont inventé cette musique. J’ai trouvé cela incroyable. Il y a une ADN. Et Thomas l’a bien compris. Il est très militant, j’aime bien ce côté-là. Il joue du violon, de la guitare. On sort l’album le 12 janvier, c’est un super projet, complètement acoustique.

CC : Et tu as aussi un autre projet au Sénégal ?

MS : Oui, je veux y retourner pour organiser un festival à Ngor, monter un projet sur la nature, l’environnement, planter des arbres à Dakar. Il y a trop de béton à Dakar, les Sénégalais ne se rendent pas compte. Il y a des endroits, qui sont comme des sanctuaires, où on ne devait pas construire. On est en train de récupérer les plages qui étaient privatisées. Ce projet débutera probablement en 2026. C’est ce que j’ai envie de faire, Inviter des musiciens locaux et de la sous-région. On n’a pas besoin de gros sponsors, on gère.  

CC : Et ton cousin l’illustre chanteur guitariste Diogal, comment va-t-il ?

MS : On a grandi ensemble, au Sénégal. Il est dans son coin, à Champigny. Il m’a beaucoup poussé, il m’a beaucoup aidé.

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