La Galerie d’Art de Carole Onambélé Kvasnevski
« Nous avons une richesse incroyable avec des artistes incroyables »
Commissaire d’exposition indépendante et galeriste, Carole Onambélé Kvasnevski est née à Yaoundé au Cameroun et vit à Paris où elle a ouvert sa première galerie en 2010. Elle y expose des artistes originaires d’Afrique et de sa diaspora. Visible dans les grands événements d’art dans le monde, c’est à Paris Photo que nous l’avons rencontrée.
Couleur Café : Comment est née l’idée de la galerie ?
Carole Kvasnevski : La galerie est arrivée parce que j’avais un lieu en tant qu’artiste. Et ce lieu est devenu un lieu d’exposition pour des amis artistes. Et de fil en aiguille, on a pris goût à exposer les autres. On a vu que ça fonctionnait pas mal, qu’il y avait des amateurs d’art qui s’intéressaient à ces artistes qui étaient des amis. Donc on s’est dit qu’il y avait quelque chose à faire pour développer des expositions.
CC : Et en quelle année as-tu vraiment commencé ?
CK : C’était dans les années 2003. C’était à Bois-Colombe. C’était une galerie associative que j’avais créée avec une amie. Nous étions deux à exploiter ce lieu situé vers la gare de Bois-Colombe.
CC : Ensuite tu as changé de statut ?
CK : Oui, j’ai changé de statut parce que moi j’habite à Paris depuis plus de 30 ans. Et donc j’allais dans l’autre sens. J’étais à contre-courant par rapport au flux du matin, les gens qui venaient travailler à Paris. Moi j’allais en banlieue, même si c’était une banlieue proche à 5 minutes de Paris. Et au bout d’un moment j’ai trouvé que ça aurait été quand même bien que je m’installe là où je vis à Paris. C’est là où les choses se passaient, donc j’ai ouvert un deuxième lieu après 6 ans à Bois-Colombe.
CC : Aujourd’hui donc t’es entre Paris et New York, qu’est-ce qui t’a poussée à faire ce choix ?
CK : C’est un choix qui s’est imposé, ça m’a semblé évident. Depuis 2016 nous participons à des foires, des salons un peu partout dans le monde. Et une de ces destinations c’est les États-Unis. Puisque c’est là où on trouve beaucoup de collectionneurs. New York étant la première ville d’art au monde, là où on trouve le plus de collectionneurs. Donc nos clients étaient un peu partout aux États-Unis et surtout à New York. Ça nous a semblé évident qu’il fallait aller au plus proche de nos clients et de nos collectionneurs.
CC : Il y a pas mal de photos est-ce un choix ?
CK : Il y a beaucoup de photos parce que tout simplement nous sommes dans une foire dédiée à la photo, Paris Photo, où on ne présente que de la photo, sous toutes ses formes. La galerie Carole Kvasnevski est une galerie généraliste. Nous avons des artistes peintres, plasticiens en tous genres, sculpteurs et des photographes.
CC : Il y a tout de même beaucoup de travaux de femmes.
CK : Parce que je me suis rendue compte, lorsque j’ai ouvert ma galerie, que j’avais beaucoup d’artistes hommes voire uniquement des artistes hommes. Et à un moment donné il y avait cette invisibilité des femmes qui m’a paru criante et je me suis dit qu’il fallait aussi intégrer des artistes femmes et arriver à une parité. Et c’est vrai que, me penchant plus vers le travail des femmes, petit à petit je me suis retrouvée avec pas mal d’artistes femmes. Étant une femme aussi, je me sens concernée.
CC : La galerie présente dans les salons en Afrique ?
CK : Oui nous faisons quelques salons en Afrique là où ça se passe c’est-à-dire Marrakech avec 1-54, Cape Town, je suis aussi allée à Lagos. Oui il y a encore plus à faire, j’ai participé à d’autres événements à Dakar, pendant la biennale Dak’Art.
CC : Une question un peu plus générale, quel est ton regard sur l’art aujourd’hui en Afrique ?
C K : Je suis née au Cameroun où j’ai grandi jusqu’à l’âge de 10 ans. Lorsque je suis arrivée en France, j’ai un petit peu oublié tout ça pendant un petit moment. Je me souviendrai toujours de la phrase de mon père qui disait : « Je vous ai emmené en France, à vous de vous retourner vers l’Afrique et de savoir y retourner. » Et un jour je me suis réveillée, cette phrase m’a interpellée et je me suis dit qu’il était temps que j’aille à nouveau découvrir ce qui se passe au Cameroun pour commencer puisque c’est mon pays. J’ai commencé à aller voir des scènes là-bas vers les années 2014 2015, j’y ai pris goût, puis je suis allée voir ce qu’il se passe dans d’autres pays, au Sénégal, en Côte d’Ivoire, et j’ai vraiment découvert une scène foisonnante qui évolue au fil des années, qui est complètement connectée au monde. Nous avons une richesse incroyable avec des artistes incroyables.
Plus d’informations sur : https://www.galeriecarolekvasnevski.com/






