Gaëlle Wondjè, 20 ans de musique et d’engagement

Née dans une famille de mélomanes, la chanteuse camerounaise de jazz revient au-devant de la scène avec « Mukati », un opus qui célèbre vingt années de carrière. Bilan et objectifs.

Ton papa était guitariste, Peux-tu nous rappeler tes débuts dans la musique ?

Je ne m’en rappelle pas trop bien, je ne sais plus à quel âge j’ai commencé à chanter. Je me souviens que je chantais pendant que mon père jouait de la guitare devant notre maison à Bonabéri, non loin de Douala.

En tant que femme, est-ce facile de vivre de la musique en Afrique ? 

Être artiste musicien n’est pas facile en Afrique, et femme artiste encore moins. Au Cameroun l’art peine à exister et à être reconnu comme profession mais on se bat. Je suis une femme artiste entrepreneure, j’apporte plus de lumière à l’industrie culturelle, principalement au KAMERJAZZ qui est mon genre musical.

Au bout de 20 ans de carrière, tu as dû faire beaucoup de sacrifices, qu’est ce qui te motive aujourd’hui ?

C’est justement l’envie de trouver des solutions pour la jeunesse et pour la profession. Participer au rayonnement de la musique camerounaise à l’international. 

Tu es Déléguée Générale du Fejamac, ambassadrice de Espoir Santé Afrique ainsi que de du projet Juste une Étincelle organisé par l’Association Promotion et Assistance de la Femme Africaine, où trouves-tu le temps et qu’est-ce que ça implique ?

Je suis également la présidente de l’association PRODE qui chapeaute plusieurs projets dont le FEJAMAC effectivement. Le temps est une denrée rare dans ma vie, je navigue entre la famille et le travail, j’ai à peine le temps de me reposer décemment. C’est ainsi que ma vie a du sens. La vision, les projets et les objectifs sont au-dessus de tout.

Tu as été choriste de Manu Dibango, Ben Decca, Étienne Mbappé, Charlotte Dipanda, tu as accompagné d’autres artistes camerounais, qu’est-ce que ces expériences t’ont apportées ?

Le professionnalisme L’ouverture d’esprit L’expérience La maturité 

Raconte-nous ton voyage musical en Chine, comment ta musique a-t-elle été accueillie ?

Grâce à l’entregent de Didier Toko promoteur culturel camerounais, j’ai été sollicitée en 2024 par Haiying Song, Productrice chinoise vivant au Canada pour un contrat de 3 mois en Chine avec mon équipe. Ce fut une expérience enrichissante et inoubliable, la rencontre des peuples et des cultures, le partage des connaissances. Notre répertoire Kamerjazz a été super bien accueilli et a attiré beaucoup de curiosité.

Tu reviens au-devant de la scène avec un nouvel album, Mukati, qui signifie ? Et de quoi parle cet album ?

Mukati signifie Pont en langue Duala. C’est un album aux sonorités traditionnelles et jazz dans une ambiance acoustique. C’est un retour à l’essentiel, aux origines tout en ouvrant sur le monde avec la présence de la langue anglaise sur certaines chansons. Mukati est définitivement une passerelle entre les mondes.

Tu t’exprimes dans plusieurs langues camerounaises, ainsi qu’en français et en anglais, tout semble facile pour toi, en tant que coach vocale, est-ce facile de chanter ou de passer d’une langue à une autre ?

Absolument pas. C’est un travail énorme sur la connaissance des différentes langues, la prononciation, la rime et le rythme, et surtout le sens des mots et expressions.

On ressent dans cet album une atmosphère particulière, qu’est-ce qui le caractérise ?

J’ai associé le mvet (guitare traditionnelle camerounaise) et le balafon au piano sur des accords jazzy. J’ai aussi chanté en étant accompagnée d’une guitare acoustique. Le tout pour un résultat épuré mais intense et typé. J’ai co-arrangé l’album avec Samy Mahop, Étienne Mbappé qui a ré-arrangé le titre Mbu’Époupa de François Misse Ngoh, il a également mis une guitare acoustique sur titre O Hou Ka Djié. Au balafon, j’étais accompagnée par la jeune Amady sur le titre Will You Be The One, et au mvet par François Alima sur les titres Mukati et Be Grateful. Patrick Tawambe a apporté son jeu groovy à la Bass sur les titres Mbango, Wa nde we, Be Grateful et Will you be the one.

Propos recueillis par Ewané

Start typing and press Enter to search