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	<title>Dossier &#8211; Couleur Café</title>
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	<title>Dossier &#8211; Couleur Café</title>
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		<title>LE JAZZ CRÉOLE EN ÉBULLITION</title>
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		<pubDate>Wed, 23 Oct 2024 08:19:58 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Dossier]]></category>
		<category><![CDATA[Octobre 2024]]></category>
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					<description><![CDATA[LE JAZZ CRÉOLE EN ÉBULLITION Par Samuel Nja Kwa Le jazz, par définition, est créole. Cette musique, née à la Nouvelle-Orléans, a évolué en se nourrissant de toutes les musiques du monde. Le jazz caribéen, fait son chemin. Ses créateurs, Albert Lirvat, Marius Cultier, Vélo, Gérard Lockel, Alain Jean-Marie et bien d’autres, ont tracé la [&#8230;]]]></description>
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<p><strong>LE JAZZ CRÉOLE EN ÉBULLITION</strong></p>



<p>Par Samuel Nja Kwa</p>



<p><strong>Le jazz, par définition, est créole. Cette musique, née à la Nouvelle-Orléans, a évolué en se nourrissant de toutes les musiques du monde. Le jazz caribéen, fait son chemin. Ses créateurs, Albert Lirvat, Marius Cultier, Vélo, Gérard Lockel, Alain Jean-Marie et bien d’autres, ont tracé la voie pour une nouvelle génération, tout aussi talentueuse. Couleur Café s’est intéressé à 6 artistes qui ont acquis une certaine reconnaissance dans le milieu et qui nous font voyager à travers leurs sonorités&nbsp;: Franck Nicolas, trompettiste&nbsp;; Ludovic Louis, trompettiste&nbsp;; Monty Alexander, pianiste&nbsp;; Maher Beauroy, pianiste. Rencontres et découvertes.</strong></p>



<p class="has-medium-font-size"><strong>FRANCK NICOLAS&nbsp;</strong></p>



<figure class="wp-block-gallery columns-2 is-cropped"><ul class="blocks-gallery-grid"><li class="blocks-gallery-item"><figure><a href="https://couleurcafe.info/media/2024/10/digipack-Hypnotick-soley.jpeg"><img loading="lazy" width="1024" height="874" src="https://couleurcafe.info/media/2024/10/digipack-Hypnotick-soley-1024x874.jpeg" alt="" data-id="48258" data-full-url="https://couleurcafe.info/media/2024/10/digipack-Hypnotick-soley.jpeg" data-link="https://couleurcafe.info/?attachment_id=48258" class="wp-image-48258" srcset="https://couleurcafe.info/media/2024/10/digipack-Hypnotick-soley-1024x874.jpeg 1024w, https://couleurcafe.info/media/2024/10/digipack-Hypnotick-soley-300x256.jpeg 300w, https://couleurcafe.info/media/2024/10/digipack-Hypnotick-soley-768x656.jpeg 768w, https://couleurcafe.info/media/2024/10/digipack-Hypnotick-soley-1536x1311.jpeg 1536w, https://couleurcafe.info/media/2024/10/digipack-Hypnotick-soley.jpeg 1758w" sizes="(max-width: 1024px) 100vw, 1024px" /></a></figure></li><li class="blocks-gallery-item"><figure><a href="https://couleurcafe.info/media/2024/10/Duo-Hypnotick-Soley-invités.jpg"><img loading="lazy" width="1018" height="847" src="https://couleurcafe.info/media/2024/10/Duo-Hypnotick-Soley-invités.jpg" alt="" data-id="48257" data-full-url="https://couleurcafe.info/media/2024/10/Duo-Hypnotick-Soley-invités.jpg" data-link="https://couleurcafe.info/?attachment_id=48257" class="wp-image-48257" srcset="https://couleurcafe.info/media/2024/10/Duo-Hypnotick-Soley-invités.jpg 1018w, https://couleurcafe.info/media/2024/10/Duo-Hypnotick-Soley-invités-300x250.jpg 300w, https://couleurcafe.info/media/2024/10/Duo-Hypnotick-Soley-invités-768x639.jpg 768w" sizes="(max-width: 1018px) 100vw, 1018px" /></a></figure></li></ul></figure>



<p><strong>Le Ka du trompettiste solaire</strong></p>



<p><strong>Inlassable travailleur, Franck Nicolas est inclassable. Navigateur et chercheur musical, musicien futuriste, il nous transporte dans un monde solaire et plein de couleurs. Sous nouvel album, « Hypnotick Soley » est tout simplement magistral.</strong> <strong>Rencontre</strong></p>



<p><strong>Couleur Café&nbsp;: Il y a quelques années tu avais fait une grève de la faim, peux-tu nous en rappeler les dates et les circonstances ?</strong></p>



<p>Franck Nicolas&nbsp;: En tant que compositeur, trompettiste et « coquillagiste » de Guadeloupe, je me suis insurgé contre la non visibilité du jazz caribéen de Guadeloupe et Martinique dans les festivals en France. Depuis les Années 80 et même bien avant, il y a eu une volonté politique de restreindre les Antilles à la carte postale idéale avec la plage de sable blanc, les cocotiers, la mer turquoise et la musique en bas de la ceinture, qui est faite pour s’amuser, draguer et faire la fête… C’est aussi une des fonctions de la musique, mais observant notre histoire, immensément riche et bouleversante, notre Musique a bien plus de choses intéressantes à raconter et à témoigner.</p>



<p>C’est ce que j’ai « crié » haut et fort faisant une grève de la faim, entre Avril et Mai 2018. Lorsqu’à la DRAC ou à l’assemblée Nationale j’ai posé la question de savoir qui connait la musique savante des Antilles ? Les gens m’ont regardé avec des yeux exorbités. J’ai donc été amené à leur expliquer qu’en dehors des musiques traditionnelles ou populaires, nous avons aussi des musiques savantes pour la Guadeloupe : Gwo ka moderne, Biguine, jazz-ka, Pop-Ka et pour la Martinique : Bèlè moderne, Biguine.</p>



<p><strong>CC&nbsp;: Qu&#8217;est ce qui a changé pour toi aujourd&#8217;hui ? As-tu ressenti plus d&#8217;intérêt pour le jazz caribéen depuis cette époque ?</strong></p>



<p>FN&nbsp;: Pour dire la vérité, pour moi personnellement, rien n’a changé. Je suis parfois boycotté par certains journalistes ou programmateurs. Même Wikipédia France n’accepte pas d’écrire : Franck Nicolas créateur du jazz-ka et de la Pop-ka. Pourtant toutes les preuves sont là et il suffit de regarder sur internet… C’est une volonté de minimalisation systématique de notre culture. Elle est la résultante de l’esprit esclavagiste et colonialiste.</p>



<p>Ceci dit je pense que ma grève de la faim a tout de même changé le regard sur nos musiques savantes. Je vois la victoire de la musique d’Arnaud Dolmen ou le prix Django Reinhardt de Gregory Privat, comme des signes d’une avancée des mentalités. Alors que des musiciens iconiques comme les saxophonistes Emilien Antile&nbsp;et Robert Mavounzy, illustres virtuoses de biguine&nbsp;; le tromboniste Albert Lirvat, grand compositeur de Biguine&nbsp;; le guitariste Gérard Lockel, inventeur du Gwo ka moderne&nbsp;; le trompettiste Kafé-Edouard-ignol, ambassadeur du Gwo ka moderne&nbsp;; le pianiste Marius Cultier&nbsp;; le bambouyé de génie Vélo ou le chanteur Guy Konkèt, n’auraient jamais pu avoir une Victoire de la Musique, alors qu’ils ont changé la face de la Musique Antillaise et mondiale.&nbsp;</p>



<p><strong>CC&nbsp;: Il existe une jeune génération, tu la côtoies dans les studios et sur scène, comment la vois-tu&nbsp;?</strong></p>



<p>FN&nbsp;: J’ai eu la chance d’avoir eu comme mentors Kafé-Edouard-ignol, un des créateurs du Gwo ka moderne, ainsi que Pierre Edouard Décimus, co-créateur de Kassav, ou encore André Condouant, Guitariste et Alain Jean Marie, génie du piano qui m’a accompagné en studio et sur scène durant 25 ans. Alors quand je vois la génération suivante avec Sonny Troupé, Gregory Privat, Arnaud Dolmen, ça fait forcément plaisir. Actuellement je m’occupe de deux autres générations qui arrivent : celle du chanteur Ydriss Bonalair, 20 ans, et celle d’Adam Zamora trompettiste, 7 ans.</p>



<p><strong>CC&nbsp;: Penses-tu que les nouvelles générations sont plus audacieuses ? plus ouvertes ? Je pense à des musiciens comme Ludovic Louis, Maher Beauroy ou encore Grégory Privat et bien d’autres</strong></p>



<p>FN&nbsp;: Je ne dirais pas que les nouvelles générations sont plus audacieuses, plus ouvertes ou plus créatives. Elles sont un peu plus médiatisées et bénéficient du travail des anciens : Gérard Lockel &amp; Kafé-Edouard-ignol ont créé le Gwo ka moderne, moi j’ai inventé le jazz-ka, mais le jazz-ka ou la Pop-ka sont la suite logique du Gwo ka moderne, de même que Sonny ou Arnaud poursuivent le travail de Vélo, ou Gregory celui de Marius Cultier ou Ydriss Bonalair, celui de Ralph Thamar et de François Ladreseau … Qui peut prétendre mieux composer une mélodie que Albert Lirvat ? Représenter la Guadeloupe au tambour mieux que Vélo, jouer de la basse mieux que Alibo ou donner plus d’émotion que Alain jean Marie ? Il faut rester humble et surtout continuer à chercher de nouvelles voies pour la musique caribéenne de Guadeloupe et Martinique. Il est nécessaire de souligner que ce sont les esclaves, déportés de Guadeloupe, d’Haïti et de Martinique en Louisiane, qui ont créé le jazz : Jelly Roll Morton, Louis Armstrong, Sydney Bechet et même la famille Marsalis sont d’origine créole, donc des Antilles.</p>



<p><strong>CC&nbsp;: Ton nouvel Album s’intitule « Hypnotick Soley » peux-tu nous le présenter&nbsp;?</strong></p>



<p>FN&nbsp;: Il s’agit d’un duo « Hypnotick-Soley », qui est la symbiose parfaite de deux âmes solaires créatrices d’un art nouveau. Gregory Privat et moi, tels deux explorateurs d’un nouveau monde, tissons une toile imaginaire entre musique, spiritualité et planètes du système Solaire. Avec l’enregistrement de ce septième album ensemble, Gregory et moi avon développés une sorte de complicité artistique quasi fusionnelle. C’est sur ces bases solides que s’est créé ce duo original aux accents d’un film fantastique. Il y a bien évidemment des sons préhistoriques des coquillages, l’émotion de la trompette-Ka, les rythmes racines donnés par la table DJ, les sons des années 70 créés par le Rhodes et le Moog, on ne peut qu’être hypnotisé par la transe élégante et futuriste.&nbsp;</p>



<p><strong>CC&nbsp;: Quels sont tes projets à venir ?</strong></p>



<p>J’ai eu la chance de pouvoir créer ma propre musique : le Jazz-ka, et la Pop-Ka, d’avoir expérimenté le jazz-bèlé, le kompa-jazz, maintenant j’essaye de développer une musique Solaire, un concept qui s’appuie sur la spiritualité Caraïbe, comme avec mon dernier album. Je travaille depuis deux ans avec une jeune productrice martiniquaise : Jennifer Charlotte-Cleria qui, avec son nouveau label Bleu infini, me pousse à créer de nouvelles choses, toujours plus originales. Dans quelques mois sortirons mon conte coquillages, mon album biguine-Solaire, Pop-ka 2 et pleins d’autres belles surprises.</p>



<p><strong>Concerts&nbsp;:</strong></p>



<p>Avec le concept POP-KA au « Son de la Terre » à Paris le 25 &amp; 26 octobre 2024&nbsp;</p>



<p>Master Class de Konk le 27 octobre 2027 à Caen au K-Rabo rue de la Pommeraie 61210 Rabodange,&nbsp;</p>



<p>En Trio Jazz Solaire au théâtre de la Passerelle à Sète le 29 Novembre 2024</p>



<p class="has-medium-font-size"><strong>Ludovic Louis</strong></p>



<figure class="wp-block-gallery columns-2 is-cropped"><ul class="blocks-gallery-grid"><li class="blocks-gallery-item"><figure><a href="https://couleurcafe.info/media/2024/10/B72A6459-2-c-Randy-Gist-min-scaled.jpg"><img loading="lazy" width="768" height="1024" src="https://couleurcafe.info/media/2024/10/B72A6459-2-c-Randy-Gist-min-768x1024.jpg" alt="" data-id="48259" data-full-url="https://couleurcafe.info/media/2024/10/B72A6459-2-c-Randy-Gist-min-scaled.jpg" data-link="https://couleurcafe.info/?attachment_id=48259" class="wp-image-48259" srcset="https://couleurcafe.info/media/2024/10/B72A6459-2-c-Randy-Gist-min-768x1024.jpg 768w, https://couleurcafe.info/media/2024/10/B72A6459-2-c-Randy-Gist-min-225x300.jpg 225w, https://couleurcafe.info/media/2024/10/B72A6459-2-c-Randy-Gist-min-1152x1536.jpg 1152w, https://couleurcafe.info/media/2024/10/B72A6459-2-c-Randy-Gist-min-1536x2048.jpg 1536w, https://couleurcafe.info/media/2024/10/B72A6459-2-c-Randy-Gist-min-scaled.jpg 1920w" sizes="(max-width: 768px) 100vw, 768px" /></a></figure></li><li class="blocks-gallery-item"><figure><a href="https://couleurcafe.info/media/2024/10/LUDO_Album-Cover-Front-min-scaled.jpg"><img loading="lazy" width="1024" height="1024" src="https://couleurcafe.info/media/2024/10/LUDO_Album-Cover-Front-min-1024x1024.jpg" alt="" data-id="48260" data-full-url="https://couleurcafe.info/media/2024/10/LUDO_Album-Cover-Front-min-scaled.jpg" data-link="https://couleurcafe.info/?attachment_id=48260" class="wp-image-48260" srcset="https://couleurcafe.info/media/2024/10/LUDO_Album-Cover-Front-min-1024x1024.jpg 1024w, https://couleurcafe.info/media/2024/10/LUDO_Album-Cover-Front-min-300x300.jpg 300w, https://couleurcafe.info/media/2024/10/LUDO_Album-Cover-Front-min-150x150.jpg 150w, https://couleurcafe.info/media/2024/10/LUDO_Album-Cover-Front-min-768x768.jpg 768w, https://couleurcafe.info/media/2024/10/LUDO_Album-Cover-Front-min-1536x1536.jpg 1536w, https://couleurcafe.info/media/2024/10/LUDO_Album-Cover-Front-min-60x60.jpg 60w" sizes="(max-width: 1024px) 100vw, 1024px" /></a></figure></li></ul></figure>



<p><strong>Le groove dans le souffle</strong></p>



<p>Né au Havre, originaire de la Martinique, Ludovic Louis est certainement le plus américain des musiciens français. Il a le groove dans le souffle. Sideman de Lenny Kravitz, Kanye West ou Black Eyed Peas, Jimmy Cliff est bien d’autres, il est passé par tous les rythmes. De la variété français au jazz, en passant par le reggae, le rock, le funk, le blues, le zouk ou l’afrobeat, il nous dévoile son nouvel album, IF Everything is Written.</p>



<p><strong>Couleur Café&nbsp;: Quelle est l’histoire de ce nouvel album&nbsp;?</strong></p>



<p>Ludovic Louis&nbsp;: A travers ce deuxième album, je me demande si le petit gamin du Havre où je suis né a toujours pensé faire ce qu’il a réalisé jusqu’à présent&nbsp;? C’est pour cela qu’il était important de mettre cette photo de moi petit au recto de mon album, et moi aujourd’hui dans le verso de ce même album. C’est le parcours de ce gamin du Havre aux États-Unis.&nbsp;</p>



<p><strong>CC&nbsp;: Cela signifie-t-il que la musique n’est pas arrivée vers toi tout de suite&nbsp;?</strong></p>



<p>LL&nbsp;: J’ai toujours fait de la musique parce que ça m’a toujours intéressé. Mes parents nous ont mis à la musique, ma sœur et moi, très jeune, c’est une passion qui ne m’a jamais quitté. C’est à partir de 18-20 que j’ai réalisé que j’avais envie d’en vivre et d’en faire un métier.&nbsp;</p>



<p><strong>CC&nbsp;: Et tu n’as jamais abandonné</strong></p>



<p>LL&nbsp;: Non parce que j’ai développé cette envie au maximum. J’étais heureux de pratiquer la trompette, elle m’a permis de jouer avec de grands artistes.</p>



<p><strong>CC&nbsp;: Et qu’est ce qui t’a attiré vers la trompette&nbsp;?</strong></p>



<p>LL&nbsp;: J’ai commencé à jouer du piano dès l’âge de 5 ans, ensuite j’ai connu mon premier professeur de trompette dans mon école où il était venu faire une démonstration et c’est là où j’ai compris que je voulais jouer de cet instrument. J’ai donc troqué le piano contre la trompette, c’est comme ça que tout a commencé.&nbsp;</p>



<p><strong>CC&nbsp;: Dans ton jeu, on y perçoit de la douceur, des mélodies, un peu de hargne, du rock, on y découvre tout ce qui fait ta personnalité.</strong></p>



<p>LL&nbsp;: J’ai une palette assez large. La trompette me permet de toucher différents styles de musiques. Je peux placer d’une musique douce à une performance un peu plus funky ou rock. C’est un choix de sonorité que j’ai voulu pour cet album, je l’ai aussi travaillé pour la scène de manière à pouvoir l’emmener dans différentes ambiances. C’est un album qui permet de faire la fête. Le côté festif a toujours été là, depuis le début. Je souhaite que toute personne qui écoute cet album ait envie de venir le découvrir sur scène.</p>



<p><strong>CC&nbsp;:&nbsp; Il y a des invités dans cet album, je pense à Jowee Omicil, te souviens-tu de votre première rencontre&nbsp;?</strong></p>



<p>LL&nbsp;: On s’est rencontré lors d’une émission de télé sur France Ô animée par Amanda Scott. J’étais l’invité de Mario Canonge, lui aussi. Nous avons discuté et nous nous sommes rendus compte qu’on avait des amis commun au Canada, on a fait un «&nbsp;face-Time&nbsp;» avec nos amis, nous avons tout de suite accroché. Il est très généreux, nous nous sommes ensuite retrouvés sur d’autres projets ensemble.&nbsp;</p>



<p><strong>CC&nbsp;: Il y a aussi Rossy De Palma et Gail Ann Dorsey</strong></p>



<p>LL&nbsp;: Je connais Roussy depuis le début des années 2000, elle a joué dans un clip pour un groupe cubain, Orishas, pour lequel je jouais à une certaine époque. Nous avons toujours gardé le contact et quand j’ai écrit le titre Le temps, c’est sa voix que j’entendais et je lui ai demandé. Tout comme pour le titre If Everything is written où intervient Gail Ann avec laquelle j’ai accompagné Lenny Kravitz. Nous nous sommes promis de jouer dans l’album de l’un ou de l’autre, et l’occasion s’est présentée. Elle a elle-même écrit le texte. J’ai pris le parti de la faire venir en tant que chanteuse et non en tant que bassiste.</p>



<p><strong>CC&nbsp;: Les musiciens dans l’album sont-ils aussi ceux qui vont t’accompagner sur scène&nbsp;?</strong></p>



<p>LL&nbsp;: Oui j’ai voulu garder la même équipe, ce sont des potes, des musiciens que je connais assez bien.</p>



<p><strong>CC&nbsp;: Cet album a-t-il été plus difficile à réaliser que le premier&nbsp;?</strong></p>



<p>LL&nbsp;: J’ai l’impression que cet album a été plus facile à réaliser. J’étais dans une démarche de savoir là où j’avais envie d’aller&nbsp;: Je me suis mis dans la casquette d’un réalisateur, j’ai élagué certaines choses et gardé l’essentiel. J’ai mis du temps à démarrer mais quand je m’y suis mis, tout s’est passé assez rapidement. Les musiciens qui m’ont accompagné y sont pour beaucoup.</p>



<p><strong>CC&nbsp;: Comment expliques-tu qu’en France, on découvre le jazz de la Caraïbe aujourd’hui alors qu’il a toujours existé&nbsp;?</strong></p>



<p>LL&nbsp;: Le talent a toujours été là, il y a des représentants qui ont fait en sorte que ce style soit connu, je veux parler de Mario Canonge, Alain Jean-Marie, et d’autres encore plus anciens. Ils ont ouvert une voie, aujourd’hui il existe des musiciens comme Arnaud Dolmen, Gregory Privat, nous avons chacun notre identité musicale, nous avons juste envie de faire notre musique et que le public vienne nous écouter. Ma musique est zouk, funk , je mélange ma culture à la culture américaine, je propose une autre musique. Il faut juste qu’on se dise que peu importe le musicien, nous faisons aussi de la bonne musique. Et c’est bien de le montrer.</p>



<p class="has-medium-font-size"><strong>MAHER BEAUROY&nbsp;</strong></p>



<figure class="wp-block-gallery columns-2 is-cropped"><ul class="blocks-gallery-grid"><li class="blocks-gallery-item"><figure><a href="https://couleurcafe.info/media/2024/10/Studio1©SWELLY.jpg"><img loading="lazy" width="1024" height="682" src="https://couleurcafe.info/media/2024/10/Studio1©SWELLY-1024x682.jpg" alt="" data-id="48261" data-full-url="https://couleurcafe.info/media/2024/10/Studio1©SWELLY.jpg" data-link="https://couleurcafe.info/?attachment_id=48261" class="wp-image-48261" srcset="https://couleurcafe.info/media/2024/10/Studio1©SWELLY-1024x682.jpg 1024w, https://couleurcafe.info/media/2024/10/Studio1©SWELLY-300x200.jpg 300w, https://couleurcafe.info/media/2024/10/Studio1©SWELLY-768x512.jpg 768w, https://couleurcafe.info/media/2024/10/Studio1©SWELLY-1536x1023.jpg 1536w, https://couleurcafe.info/media/2024/10/Studio1©SWELLY.jpg 1600w" sizes="(max-width: 1024px) 100vw, 1024px" /></a></figure></li><li class="blocks-gallery-item"><figure><a href="https://couleurcafe.info/media/2024/10/MVT-album-cover©Dimitri-Alvin-Legros.jpg"><img loading="lazy" width="1024" height="1024" src="https://couleurcafe.info/media/2024/10/MVT-album-cover©Dimitri-Alvin-Legros-1024x1024.jpg" alt="" data-id="48262" data-full-url="https://couleurcafe.info/media/2024/10/MVT-album-cover©Dimitri-Alvin-Legros.jpg" data-link="https://couleurcafe.info/?attachment_id=48262" class="wp-image-48262" srcset="https://couleurcafe.info/media/2024/10/MVT-album-cover©Dimitri-Alvin-Legros-1024x1024.jpg 1024w, https://couleurcafe.info/media/2024/10/MVT-album-cover©Dimitri-Alvin-Legros-300x300.jpg 300w, https://couleurcafe.info/media/2024/10/MVT-album-cover©Dimitri-Alvin-Legros-150x150.jpg 150w, https://couleurcafe.info/media/2024/10/MVT-album-cover©Dimitri-Alvin-Legros-768x768.jpg 768w, https://couleurcafe.info/media/2024/10/MVT-album-cover©Dimitri-Alvin-Legros-60x60.jpg 60w, https://couleurcafe.info/media/2024/10/MVT-album-cover©Dimitri-Alvin-Legros.jpg 1080w" sizes="(max-width: 1024px) 100vw, 1024px" /></a></figure></li></ul></figure>



<p><strong>«&nbsp;J’ai envie d’être un compositeur qui compte.&nbsp;»</strong></p>



<p><strong>Couleur Café&nbsp;: Sur ce projet tu t’appelles BOWA pourquoi&nbsp;?</strong></p>



<p>Maher Beauroy&nbsp;: Il s’agit d’une version créole de mon nom de famille, Beauroy. La prononciation n’est pas la même en français. Avec l’accent antillais, on ne prononce pas bien les «&nbsp;R&nbsp;», on ne les entend pas bien non plus, et lorsqu’on parle créole et qu’on m’appelle par mon nom de famille, on entend «&nbsp;Bowa&nbsp;». Je me suis dit que j’allais garder ce nom avec cette orthographe et cette prononciation. C’est mon nom avec une petite saveur créole.</p>



<p>J’ai fait le choix de créer une identité pour ce projet spécifique, qui s’apparente avec la musique électronique et pop, avec une couleur jazzy.</p>



<p><strong>CC&nbsp;: Dans la Caraïbe, il y a un réel héritage du piano, il y a de très grands pianistes, tu en es un, comment l’expliques-tu&nbsp;?</strong></p>



<p>MB&nbsp;: C’est vrai que le piano est un instrument très apprécié en Martinique, on y trouve beaucoup de pianistes. Je ne sais pas d’où vient cet héritage, en plus c’est un instrument qui est lourd et coûteux, il faut peut-être regarder du côté de notre Histoire. Je viens d’un endroit où il y a une lignée de pianistes émérites, je pense à Alain Jean-Marie, Mario Canonge, à Marius Cultier, Paulo Rosine, de grands compositeurs, et il y a aussi ceux de ma génération.</p>



<p><strong>CC&nbsp;: Comment tu t’es mis au piano&nbsp;?</strong></p>



<p>MB&nbsp;: Le piano me vient de ma maman qui en a fait étant enfant. Elle est née en Côte d’Ivoire où elle a grandi jusqu’à ses 20 ans. Elle a appris à jouer du piano là-bas&nbsp;et quelques années plus tard, lorsqu’elle a rencontré mon père et qu’ils se sont mariés, il lui a offert un piano. Lorsque je suis né, cet instrument était déjà à la maison, je m’y mets de façon naturel, j’avais envie de le toucher, ma mère a été mon premier professeur.</p>



<p><strong>CC&nbsp;: Ensuite tu es passé de la musique classique au jazz, puis aujourd’hui à l’électronique. Comment on fait la transition&nbsp;?</strong></p>



<p>MB&nbsp;: En 2015, lorsque j’étais aux États-Unis, j’étudiais au Berkley College of Music à Boston. J’ai été foudroyé par la virtuosité du claviériste Correy Henry, que j’ai découvert dans le groupe Snarky Puppy. Grâce à lui, j’ai vu l’étendue et les possibilités qu’il pourrait y avoir, ainsi je me suis achèté des claviers&nbsp;; j’ai commencé&nbsp; par intégrer des synthétiseurs dans ma musique&nbsp; tout en écrivant des chansons et à faire des mélanges.&nbsp;</p>



<p>En 2018, lorsque je rencontre Mike Ibrahim, il m’accompagne dans ce processus créatif autour des chansons en créole, de la musique pop et des claviers.</p>



<p><strong>CC&nbsp;: Et le chant t’est aussi venu de manière naturel&nbsp;?</strong></p>



<p>MB&nbsp;: Je me demande si j’ai aimé le chant avant d’aimer le piano&nbsp;? J’ai chanté devant un public la première fois en 2011, au Baiser salé. J’y ai chanté le toute première chanson que j’ai écrite, qui s’intitule <em>Ensemble, </em>le public me découvre au chant et me réserve un bel accueil. C’est une corde que je rajoute à mon arc.</p>



<p><strong>CC&nbsp;: Il y a aussi ta langue, le créole, à laquelle tu es très attaché</strong></p>



<p>MB&nbsp;: Au moment où tu créés, il y a beaucoup de choses spontanées qui viennent. Chaque fois que j’écris des chansons, j’ai beaucoup de mal à écrire dans une autre langue. Je ne le fais pas de manière calculée, finalement c’est un geste militant mais avant tout un élan artistique naturel. Je me sens bien en créole, je raconte mieux les histoires en créole. Le créole pour moi est fondamental. Il faut exister et mettre en avant, jouer ce qu’on est pour se démarquer et créer un univers qui soit authentique.</p>



<p><strong>CC&nbsp;: Dans cet EP, tu nous laisses un peu sur notre faim, il n’y a que 5 titres…</strong></p>



<p>MB&nbsp;: J’ai travaillé avec Mike Ibrahim et nous avons écrit une dizaine de chansons. Ces chansons sont déjà enregistrées et j’ai voulu amener petit à petit mon public dans mon univers. J’ai scindé ces dix titres en deux en me disant que je vais d’abord envoyer une première partie, comme un premier épisode et les cinq autres titres ne vont pas tarder à sortir. Il y a peut-être une goût de pas assez à la fin d’autant plus que ce sont des chansons qui durent 2 ou 3 minutes, moi aussi je suis impatient de vous offrir la suite.</p>



<p><strong>CC&nbsp;:</strong><strong><em> MVT</em></strong><strong>, c’est le titre de l’EP qui veut dire Mauvais temps&nbsp;</strong></p>



<p>MB&nbsp;: Oui pour le coup il n’y a pas de traduction du créole au français. Ça vient d’une expression créole,<em> Mové ten</em>, qui traduit le tumulte, l’orage.</p>



<p><strong>CC&nbsp;: Dans cet album, tu racontes aussi des histoires très personnelles, est-ce un choix&nbsp;?</strong></p>



<p>MB&nbsp;: Je me considère être un jeune auteur, je parle mieux de ma vie que d’autre chose. Non pas par égocentrisme, j’ai juste envie d’être vrai. Dans la chanson <em>Tousel A Dé</em>, Je raconte le début d’une histoire d’amour qui finit mal. Les chansons étaient écrites en 2018-19, c’était la réalité de cette époque. Aujourd’hui, j’en suis à un autre point.&nbsp;</p>



<p><strong>CC&nbsp;: Ce sont des histoires qui peuvent arriver à n’importe qui…</strong></p>



<p>MB&nbsp;: Ce sont des histoires banales, la solitude dans un couple, ou alors être victime d’une tromperie par sa compagne ou son compagnon. Je voulais juste raconter ce que je vivais à cette époque-là, probablement que certaines personnes vont se reconnaitre parce que ce sont des histoires que l’on vit tous. Cet EP est aussi une thérapie pour moi, il me permet de mettre des mots sur ce que j’ai vécu et ça me fait du bien.</p>



<p><strong>CC&nbsp;: Quelles sont tes qualités et tes défauts&nbsp;?</strong></p>



<p>MB&nbsp;: Je suis quelqu’un d’ultra-sensible et émotif. En tant qu’artiste c’est normal, mais en tant que personne, c’est un problème, je prends les choses très à cœur, je suis passionné, j’ai des colères, un peu comme tout le monde mais à des degrés parfois qui me dépassent. Je suis aussi tout le temps en retard. Et puis pendant longtemps j’avais du mal à dire non. Je dirais que j’ai les défauts de certaines qualités, comme par exemple la persévérance, qui des fois frise l’entêtement. Je suis très décidé. Il me faut du temps pour lâcher prise.</p>



<p><strong>CC&nbsp;: Lorsque tu composes et enregistres un chanson, as-tu du mal à la finir et de la mettre de côté ou est-ce que tu reviens dessus&nbsp;?</strong></p>



<p>MB&nbsp;: Lorsque je compose, je fais des recherches puis à un moment je me dis&nbsp;: c’est assez, c’est suffisant. C’est nouveau chez moi, j’accepte les chansons telles qu’elles me viennent. J’accepte la vérité de l’instant.</p>



<p><strong>CC&nbsp;: Est-ce que tu composes différemment selon le style de musique&nbsp;?</strong></p>



<p>MB&nbsp;: Pas vraiment. Tout commence par le chant. Je n’ai pas de manière différente de composer dans la pop ou dans le jazz. Le début c’est les suites d’accords, des couleurs. Je cherche les accords qui s’enchaînent, je les tourne en boucle, ça dure longtemps et lorsque je sens que c’est ce que je recherche comme ambiance, je me mets à improviser des mélodies par-dessus avec la voix. Je ne compose pas différemment. J’ai une approche très chanson.</p>



<p><strong>CC&nbsp;: Comment veux-tu que le public reçoive cet album.</strong></p>



<p>MB&nbsp;: Mike Ibrahim et moi avions envie de&nbsp; proposer au public une autre pop antillaise, une nouvelle direction. En tant que chercheur, j’aimerais que les gens se disent&nbsp;: «&nbsp;Il a cherché, il se livre, il raconte des choses vraies, il a proposé autre chose. » J’ai envie d’être un compositeur qui compte.</p>



<p><strong>MARIO CANONGE &amp; MICHEL ZENINO</strong></p>



<p class="has-normal-font-size"><strong>MONTY ALEXANDER</strong></p>



<figure class="wp-block-gallery columns-2 is-cropped"><ul class="blocks-gallery-grid"><li class="blocks-gallery-item"><figure><a href="https://couleurcafe.info/media/2024/10/Monty-Alexander.jpeg"><img loading="lazy" width="1024" height="682" src="https://couleurcafe.info/media/2024/10/Monty-Alexander-1024x682.jpeg" alt="" data-id="48264" data-full-url="https://couleurcafe.info/media/2024/10/Monty-Alexander.jpeg" data-link="https://couleurcafe.info/?attachment_id=48264" class="wp-image-48264" srcset="https://couleurcafe.info/media/2024/10/Monty-Alexander-1024x682.jpeg 1024w, https://couleurcafe.info/media/2024/10/Monty-Alexander-300x200.jpeg 300w, https://couleurcafe.info/media/2024/10/Monty-Alexander-768x511.jpeg 768w, https://couleurcafe.info/media/2024/10/Monty-Alexander.jpeg 1199w" sizes="(max-width: 1024px) 100vw, 1024px" /></a></figure></li><li class="blocks-gallery-item"><figure><a href="https://couleurcafe.info/media/2024/10/CD-Monty-Alexander.jpeg"><img loading="lazy" width="450" height="450" src="https://couleurcafe.info/media/2024/10/CD-Monty-Alexander.jpeg" alt="" data-id="48263" data-full-url="https://couleurcafe.info/media/2024/10/CD-Monty-Alexander.jpeg" data-link="https://couleurcafe.info/?attachment_id=48263" class="wp-image-48263" srcset="https://couleurcafe.info/media/2024/10/CD-Monty-Alexander.jpeg 450w, https://couleurcafe.info/media/2024/10/CD-Monty-Alexander-300x300.jpeg 300w, https://couleurcafe.info/media/2024/10/CD-Monty-Alexander-150x150.jpeg 150w, https://couleurcafe.info/media/2024/10/CD-Monty-Alexander-60x60.jpeg 60w" sizes="(max-width: 450px) 100vw, 450px" /></a></figure></li></ul></figure>



<p><strong>&nbsp;DE LA COMPLEXITÉ DANS MA SIMPLICITÉ.</strong></p>



<p><strong>Monty Alexander est né le 6 juin 1944. Le jour du débarquement des Américains en Normandie. Cette date anniversaire, symbole de liberté et de joie, le pianiste en a fait une œuvre forte, simple et poignante. Il raconte.</strong></p>



<p><strong>Couleur Café&nbsp;: Votre album s’intitule D-Day, y-a-t-il un lien avec votre anniversaire&nbsp;?</strong></p>



<p>Monty Alexander&nbsp;: Je suis né le 6 juin 1944 à Kingston en Jamaïque, où j’ai aussi grandi. Mes parents, qui sont Anglais, y vivaient. Je suis né le jour du débarquement en Normandie pendant la deuxième guerre mondiale. Un oncle a proposé qu’on m’appelle Montgomery, comme le Général anglais. Il y avait aussi le Général américain Eisenhower, le Général français Charles de Gaulle, mes parents ont choisi Montgomery&nbsp;! J’ai 80 ans et je suis lié à ce jour de débarquement, qui représente ma vie toute entière. Alors j’ai enregistré une musique en souvenir de cette date fatidique. C’est une date mémorable pour le monde et un jour de joie lorsqu’il y a eu ce débarquement. C’est un album qui implique le sens de ce conflit, la résolution et la libération. Je l’ai enregistré simplement, en trio.</p>



<p><strong>CC&nbsp;: Et vous avez enregistré cette chanson de Harry Belafonte&nbsp; Day-O</strong></p>



<p>M.A&nbsp;: Harry était aussi mon ami, c’était un homme extraordinaire qui faisait du calypso. Il était aussi un grand acteur, impliqué dans les droits civiques. Il a été l’un des acteurs de la rencontre entre Martin Luther King et le Président Kennedy. Cette chanson est un hymne à la joie.</p>



<p><strong>CC&nbsp;: Étant donné que vous êtes né le jour du débarquement et qu’on vous a appelé</strong> <strong>Montgomery, vous auriez pu devenir un militaire.</strong></p>



<p>M.A&nbsp;: Lorsque j’étais enfant et que je regardais des films westerns, je voulais devenir cowboy. Je ne me voyais pas musicien à cette époque, d’autant plus que je n’ai jamais été dans une école de musique. J’ai juste été capable d’en jouer et ça m’a permis de travailler. J’ai appris à jouer du piano parce que ça m’amusait et les gens aimaient ma façon de jouer. Puis j’ai été payé pour jouer, encore et encore jusqu’à ce jour. Je me suis, bien entendu, amélioré, j’ai fait des albums, j’ai rencontré d’autres grands musiciens qui sont devenus des amis, comme Randy Weston, avec lequel j’ai joué, ou le guitariste Ernest Ranglin.</p>



<p><strong>CC&nbsp;: Et vous avez aussi joué avec Ernest Ranglin&nbsp;?</strong></p>



<p>M.A&nbsp;: J’avais 10 lorsque j’ai vu Ernest Ranglin sur scène. Il a 91 ans et il joue toujours aussi bien. Il est comme un grand-frère. Je me souviens de nos premiers enregistrements à Kingston, nous avons souvent joué ensemble. Il a aussi enregistré un bel album au Sénégal avec des musiciens locaux comme Ckeikh Lô.</p>



<p><strong>CC&nbsp;: Pour revenir à votre musique, vos belles mélodies qu’on fredonne. J’ai parfois l’impression de vous entendre chanter, est ce que vous chantez&nbsp;?</strong></p>



<p>M. A&nbsp;: J’ai déjà fait des albums où des chanteurs interviennent mais pas moi. Il est difficile pour moi de chanter. J’ai enregistré un album où je chante, qui s’intitule «&nbsp;Love notes&nbsp;», avec Georges Benson comme invité. Lorsque je joue du piano, c’est comme si je chante.</p>



<p><strong>CC&nbsp;: Dans votre album D-day, il y a le titre «&nbsp;Restoration&nbsp;», un titre particulier.</strong></p>



<p>M.A&nbsp;: C’est une chanson que j’ai écrite, qui m’est venue lors d’une journée spéciale. Je me souviens que j’étais très triste ce jour, et je me suis installé face à mon piano. J’ai commencé à jouer des mélodies, j’ai allumé l’enregistreur, j’ai ouvert une bible et je suis tombé sur une page où il y avait écrit «&nbsp; l’esprit de Dieu réside dans l’amour&nbsp;». Pendant que je lisais, j’ai continué à jouer la même mélodie que j’ai enregistré sur une cassette. Puis, j’ai égaré la cassette, je ne la retrouvais plus. Je l’ai cherché pendant des heures, elle était coincée dans le fauteuil à l’arrière de ma voiture. Cette chanson est devenue non seulement spéciale, mais elle avait une histoire&nbsp;: peu importe comment vont les choses, si vous priez, vous pouvez rebondir à nouveau. C’est donc une histoire spirituelle, comme une reconstruction de soi. C’est ce que j’appelle «&nbsp;Restoration&nbsp;».&nbsp;&nbsp;</p>



<p><strong>CC&nbsp;: Vous êtes une personne joyeuse, on ressent cette joie dans votre musique, et parfois aussi de la peine.</strong></p>



<p>M.A&nbsp;: Généralement, la joie arrive après la tristesse. On peut vivre des moments de peine et des moments de joie le lendemain. Lorsque j’étais enfant, j’ai vu mon premier héros&nbsp;: Louis Armstrong. J’aimais cet homme qui jouait de la trompette. Je me suis acheté une trompette et je voulais en jouer. Je m’y prenais mal alors j’ai abandonné. Lorsqu’il jouait, il me procurait de la joie. Tous ces musiciens, comme Duke Ellington, Nat King Cole, Harold Gardner, me procuraient de la joie. En Jamaïque j’avais aussi des héros, des musiciens qui me faisaient plaisir, et lorsque je monte sur scène, je ressens ce sentiment de joie, que je transmets au public venu me voir jouer. C’est ce que j’ai envie de donner.</p>



<p><strong>CC&nbsp;: Je comprends pourquoi vous aimez Louis Armstrong</strong></p>



<p>M. A&nbsp;: Cet homme a grandi dans la pauvreté, dans un orphelinat, grâce au jazz, il a donné du bonheur au monde.</p>



<p><strong>CC&nbsp;: Lorsque j’écoute votre musique et que je vous entends parler, on dirait que votre œuvre décrit votre vie.</strong></p>



<p>M.A&nbsp;: Je ne l’avais pas ressenti comme cela au début. Il s’agit d’une historie. Et la raison de cette histoire est le jour du débarquement en Normandie. Il s’agit aussi d’un album d’espoir, j’avais envie de contribuer à la paix, c’est pour cela que j’ai repris le titre «&nbsp;Smile&nbsp;».</p>



<p><strong>CC&nbsp;: Quelle est l’influence des rythmes jamaïcains dans le jazz&nbsp;? Et quel est votre regard sur la musique jamaïcaine&nbsp;?</strong></p>



<p>M.A&nbsp;: Lorsque j’étais jeune, j’ai enregistré avec les skatalites, j’étais là depuis le début. Ces gars étaient des jazzmen. Ils pouvaient jouer aussi bien aux côtés de Dizzy Gillespie que Miles Davis. Ils faisaient du ska. Bob marley a commencé par cette musique. Lorsque vous écoutez sa première chanson intitulée «&nbsp;Simmer down&nbsp;», on peut y entendre l’esprit du jazz. Les gens ont oublié cet esprit du jazz, l’histoire du jazz, pour s’intéresser à des succès populaires. Et c’est bien dommage car très peu de musiciens s’y intéressent.</p>



<p><strong>CC&nbsp;: Votre musique paraît tellement simple, vous êtes un homme simple et sage.</strong></p>



<p>M. A&nbsp;: J’ai toujours été simple. J’ai entendu de grands musiciens comme&nbsp; Rachmaninov, mais aussi Charlie Parker. J’ai trouvé le moyen de rajouter de la complexité dans ma simplicité, afin qu’il n’y ait pas de conflit. C’est ce que j’aime.</p>



<p>Écouter l’album D Day, Peewee&nbsp;! /Socadisc, 2024</p>
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		<title>Industries culturelles et créatives en Afrique</title>
		<link>https://couleurcafe.info/industries-culturelles-et-creatives-en-afrique/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[WCKDadmin17]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 02 Jun 2021 06:57:05 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Dossier]]></category>
		<category><![CDATA[Juin 2021]]></category>
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					<description><![CDATA[Texte de Rita Diba / Photographie : J-P Kepseu Avec 49 milliards de dollars générés par les industries culturelles et créatives en Afrique en 2017, avec deux millions d’emplois directs liés au secteur, la voie des ICC est indéniablement un potentiel acteur de développement du continent. Et les atouts ne manquent pas pour accompagner ce développement : [&#8230;]]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p>Texte de Rita Diba / Photographie : J-P Kepseu</p>



<p><strong>Avec 49 milliards de dollars générés par les industries culturelles et créatives en Afrique en 2017, avec deux millions d’emplois directs liés au secteur, la voie des ICC est indéniablement un potentiel acteur de développement du continent. Et les atouts ne manquent pas pour accompagner ce développement : un grand marché à travers l’avènement de la zone de libre-échange africaine, une population jeune, des consommateurs hyper connectés au monde grâce aux Tic, mais en manque d’identités propres à leur riche histoire, des sources de créativités intarissables et en quête de visibilité…Par les ICC, le continent peut devenir le maitre du monde. Cinéma, musique, livres, jeux vidéo, mode, etc. l’Afrique commence à se réveiller.</strong></p>



<p><strong>Structurer et « merchandiser » les imaginaires</strong><br>Population jeune, consommateurs hyperconnectés au monde mais en manque d’identités propres à leur riche histoire, sources de créativités intarissables et en quête de visibilité, le secteur ne demande qu’à s’organiser sur le continent.</p>



<p>« <strong>Africa for future</strong> ». C’est le thème de la 6e édition du MOCA (Movement of Creatives Africas) qui se tiendra les 17 et 18 juin 2021 en France. Le MOCA, organisé par le Centre des cultures d’Afrique (CC Afrique), c’est « l’évènement des professionnels afro-contemporains en action autour des challenges, des opportunités et des innovations du secteur des industries culturelles et créatives (ICC) ». ICC donc, et « Africa for future ». Une connexion parfaite pour une 6e édition qui viendra ajouter sa pierre à l’édifice de la saison Africa2020, le projet panafricain et multidisciplinaire lancé par la France de décembre 2020 à la mi-juillet 2021, centré sur l&#8217;innovation dans les arts, les sciences, les technologies, l&#8217;entrepreneuriat et l&#8217;économie, dans un contexte où les yeux du monde sont tournés vers le continent. Mais en fait, si la conjonction de tout ce bouillonnement artistique et intellectuel doit participer à dessiner le futur de l’Afrique dans les industries culturelles et créatives, qu’est-ce qui rend le continent aussi attractif ?</p>



<p><strong>Chiffres et potentialités</strong><br>Le CC Afrique s’est appuyé sur un ensemble de données pour bâtir les orientations du MOCA 2021. Ainsi, en termes d’état des lieux, les ICC ont généré 49 milliards de dollars en Afrique en 2017 avec deux millions d’emplois directs liés au secteur, selon l’Etude stratégique sur le secteur des industries culturelles et créatives réalisée par le Cabinet EY pour le compte de l’Agence française de développement (AFD). Et selon les pays, on est dans une tranche de 20 à 60% de cette économie des ICC qui est non valorisée. D’ailleurs, l’étude de l’AFD révèle également « un manque à gagner important du secteur de l’audiovisuel sur le continent africain, avec seulement 40 % des sociétés de radio et de télévision qui y paient leur redevance. Ainsi qu’une méconnaissance des principes du droit d’auteur, tant au niveau du public, des exploitants que des décideurs politiques, qui pénalise de nombreux artistes. »<br>En termes de potentialités, en 2018 par exemple, le cabinet Deloitte estimait que 660 millions d’Africains seraient équipés d’un smartphone en 2020. Et déjà, 75% des foyers se connectaient à internet via les technologies mobiles, qui sont des accélératrices de consommation des ICC. Pour rappel, qui dit ICC dit musique, cinéma, arts-visuels, mode, livre, danse, spectacle vivant, jeux vidéo, média, digital tech. Des accélératrices parfaitement exploitées par le géant nigérian, notamment dans le domaine musical, grâce au streaming et aux ventes digitales. Ainsi, selon un rapport du cabinet Price waterhouse Coopers (PwC) publié fin 2016, alors que « l&#8217;industrie musicale valait (…) 47 millions de dollars en 2015, ce chiffre devrait doubler d&#8217;ici à 2020 ».<br>Et la musique n’est qu’une infime partie de la force du Nigeria. D’après des informations de l’atelier mis en ligne par Bpifrance sur les industries culturelles et créatives le 1er octobre 2020, le pays d’Afrique de l’Ouest possède la 2e industrie cinématographique au monde. Son Nollywood, juste derrière Bollywood, c’est 3000 films réalisés chaque année. Une industrie estimée à 3 milliards de dollars. Netflix a d’ailleurs flairé le coup. Arrivée en 2019 sur le sol Naija, la compagnie américaine est dans un processus d’acquisition d’une trentaine de studios locaux. L’autre réussite du Nigeria dans les ICC, plus grande encore que le cinéma, c’est la mode. Une filière estimée à 8 milliards de dollars en 2018, avec une croissance annuelle d’environ 17% depuis 2010. Et en plus de la langue, l’anglais, qui facilite l’exportation de son offre culturelle, et d’une grande connectivité, le Nigeria c’est une diaspora de 10 à 15 millions de personnes, autant de prescripteurs de la musique ou du cinéma nigérian aux Etats-Unis, en Europe, etc. De plus, le Nigéria, c’est 200 millions d’habitants.</p>



<p><strong>L’Afrique en grand</strong><br>Au-delà du Nigéria, l’avenir des ICC s’annonce radieux sur l’ensemble du continent, avec l’effectivité depuis le 1er janvier 2021 de la Zone de libre-échange continentale africaine (Zlecaf) qui rassemble environ 1,3 milliard de consommateurs en Afrique. Un marché de consommateurs à la recherche de productions de qualité auxquelles ils peuvent s’identifier. En effet, le développement des ICC en Afrique n’a pas seulement un objectif économique. Au-delà de lutter contre la pauvreté matérielle du continent, les industries culturelles et créatives doivent participer à la construction (ou la reconstruction) de l’identité, à la quête de visibilité et à l’autodétermination des afrodescendants d’Afrique et d’ailleurs.<br>Ainsi, l’Afrique c’est des puits de créativité plus intarissables que les puits de pétrole. C’est des imaginaires à construire et à « merchandiser » par la suite. Blick Bassy par exemple, à travers son album « 1958 » (2019) et par le storytelling, a créé un univers musical épuré pour partager l’histoire douloureuse de la décolonisation du Cameroun et de ses héros nationalistes assassinés. Album qui a aussi donné naissance à un essai au titre éponyme en anglais et en français rédigé par le journaliste britannique Andy Morgan.<br>Autre exemple, dans l’univers des jeux vidéo cette fois-ci, c’est Olivier Madiba, Camerounais lui aussi, avec son studio Kiro’o Games et ses inspirations de la mythologie africaine. L’afrofuturisme également se laisse explorer à travers des œuvres de science-fiction et fantasy comme celles de la Nigériane Nnedi Okorafor, fille de la diaspora, romancière et auteure de comics multi-récompensée. Des boites américaines comme HBO et Hulu sont en train d’adapter ses œuvres à l’écran. La réalité quotidienne aussi attire les boites occidentales comme Canal Plus en Afrique de l’Ouest et ses productions de séries télé à l’exemple de « Sakho &amp; Mangane » ou « Cacao ». Pour rester sur les grands et petits écrans, à défaut des histoires, les paysages africains peuvent servir de décor à de grandes productions comme c’est le cas de petits pays européens et des blockbusters américains. Ce qui développe une économie dans les localités choisies et le tourisme. On a l’expérience des chutes d’Ekom-Nkam au Cameroun, où s’est tourné le film Greystoke, la légende de Tarzan (1984).<br>Un champ des possibles qui s’agrandit donc avec la Zlecaf. Selon les chiffres de la Banque mondiale, cet accord pourrait permettre de sortir 30 millions d’Africains de la pauvreté extrême. Un potentiel donc en termes de création de richesses et d’emplois, de partenariats à nouer avec le continent pour les membres de la diaspora et le reste du monde, non seulement en termes de création, de business, mais aussi de formation. Tout ce que prône le MOCA en réalité. C’est d’ailleurs dans cette mouvance que le Rwanda, porte-étendard du concept de « Renaissance africaine », est invité à cette 6e édition. Ce pays d’Afrique de l’Est a adopté un plan quinquennal 2017-2022 avec un investissement dans les secteurs à forte valeur ajoutée tels que le digital ou encore les ICC.</p>



<p><strong>Ouvertures</strong><br>Ce partenariat Etat – MOCA pourrait servir de catalyseur pour de futures collaborations avec d’autres pays africains pour un véritable décollage des industries culturelles et créatives à la hauteur des potentialités du continent. Et pourquoi ne pas reproduire la saison Africa2020, mais cette fois-ci supporté par les Etats du continent. Des Etats qui doivent garder à l’esprit ces propos du président français Emmanuel Macron le 28 novembre 2017 à Ouagadougou, au Burkina Faso : « Je considère que l’Afrique est tout simplement le continent central, global, incontournable car c’est ici que se télescopent tous les défis contemporains. C’est en Afrique que se jouera une partie du basculement du monde. »</p>
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		<title>ALAIN BIDJECK, « Promouvoir l’excellence africaine »</title>
		<link>https://couleurcafe.info/alain-bidjeck-promouvoir-lexcellence-africaine/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[WCKDadmin17]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 02 Jun 2021 06:50:32 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Dossier]]></category>
		<category><![CDATA[Juin 2021]]></category>
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					<description><![CDATA[Interview et photographie&#160;: Samuel Nja Kwa Entrepreneur culturel d’origine camerounaise, Alain Bidjeck a quitté son Cameroun natal pour la France en 1983. Après avoir suivi des études de technique commerciale, marketing et management de projet, il se lance dans des projets inédits&#160;: Africaphonie, de 2007 à 2011 puis le Moca en 2016, dont la sixième [&#8230;]]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p>Interview et photographie&nbsp;: Samuel Nja Kwa</p>



<p><strong>Entrepreneur culturel d’origine camerounaise, Alain Bidjeck a quitté son Cameroun natal pour la France en 1983. Après avoir suivi des études de technique commerciale, marketing et management de projet, il se lance dans des projets inédits&nbsp;: Africaphonie, de 2007 à 2011 puis le Moca en 2016, dont la sixième édition se déroulera à Paris les 17 et 18 juin 2021. Il dévoile son programme.</strong></p>



<p><strong>En quelle année avez-vous créé le Moca et pourquoi&nbsp;?</strong><br>A la fin de mes études j’ai commencé à travailler avec des artistes, de toutes les origines, et très tôt j’ai compris qu’il était essentiel de promouvoir la culture africaine. A travers et avec eux, j’ai commencé à développer des projets comme le festival Africaphonie, des films documentaires, jusqu’à ma rencontre avec le bassiste camerounais Hilaire Penda, Directeur de festival, qui a partagé avec moi sa vision et son rêve de créer un Centre des cultures d’Afrique en France. C’est dans ce contexte qu’est né le Moca, un événement qui réunit les artistes, les entrepreneurs culturels dans les Industries culturelles et créatives afro-contemporaines.</p>



<p><strong>Justement qu’est-ce qu’une Industrie Culturelle et Créative&nbsp;?</strong><br>Les industries culturelles comprennent plusieurs disciplines&nbsp;: La musique, le cinéma, la danse, le théâtre, les arts visuels, la mode, le livre.<br>Aux industries créatives, on associe les jeux vidéo, les médias etc…</p>



<p><strong>Le Moca continue malgré la pandémie, comment s’organise-t-il&nbsp;?</strong><br>Nous nous sommes adaptés à ce contexte en produisant en 2020 une édition digitale. Cette année nous produisons une édition hybride, c’est-à-dire en présentiel et en digital qui aura lieu les 17 et 18 juin dans les salons de l’hôtel de ville de Paris et en ligne sur notre site internet, le-moca.com.</p>



<p><strong>Comment le Moca évolue-t-il ?</strong><br>En 6 ans le Moca a invité plus de 230 intervenants issus d’Europe, d’Amérique et d’Afrique. Notre objectif, à travers cet événement est de favoriser les échanges entre les créateurs et entrepreneurs de ce vaste espace culturel. Le Moca est aussi une plateforme qui donne la possibilité aux créateurs de devenir entrepreneurs.</p>



<p><strong>Quel est le thème principal de cette édition&nbsp;?</strong><br>Le thème de cette édition est AFRICA FOR FUTURE. Nous voulons interroger et mettre en perspective la vision du monde qu’ont les créateurs afro contemporains dans un contexte de changement où les possibilités de collaborations entre l’Afrique et le monde s’amplifient par la présence de la diaspora africaine et les technologies numériques.</p>



<p><strong>Quels seront les temps forts du Moca&nbsp;?</strong><br>La thématique du forum se décline en 3 axes&nbsp;:<br>• Créer de nouveaux récits&nbsp;<br>• Construire de nouvelles collaborations&nbsp;<br>• Les ICC face aux défis du changement.<br>Nous avons mis en place un Moca-Lab&nbsp;: il s’agit d’une création artistique collaborative entre danseurs, musiciens et plasticiens diffusée en «&nbsp;live-stream&nbsp;».<br>Il y aura le lancement du prix Moca Talent qui récompense des jeunes de moins de 30 ans, porteurs de projets innovants ayant un impact culturel, social et économique.<br>Les participant(e)s pourront développer leur réseau en ligne à travers notre plateforme.</p>



<p><strong>Pourquoi avoir choisi comme pays invité le Rwanda&nbsp;?</strong><br>Je me suis rendu au Rwanda en janvier 2020, j’y ai vu l’incarnation du concept de Renaissance Africaine et d’un modèle dont beaucoup peuvent s’inspirer. C’est une vrai terre d’opportunité, il y a des infrastructures incroyables, qui investit massivement dans le digital et dans les industries culturelles et créatives. D’autre part, j’ai rencontré plusieurs créateurs et entrepreneurs culturels dont le dynamisme m’a séduit et convaincu. Il est important pour le Moca de promouvoir l’excellence africaine. En accueillant le Rwanda, le Moca ouvre un nouvel axe de son développement vers l’Afrique.</p>



<p>Site d&#8217;inscription : <a href="https://live.le-moca.com" target="_blank" rel="noreferrer noopener">https://live.le-moca.com</a></p>
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		<title>LE CINÉMA AFRICAIN VA-T-IL ENFIN (RE)NAÎTRE ?</title>
		<link>https://couleurcafe.info/le-cinema-africain-va-t-il-enfin-renaitre/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[WCKDadmin17]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 02 Jun 2021 06:39:19 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Dossier]]></category>
		<category><![CDATA[Juin 2021]]></category>
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					<description><![CDATA[Par Patrick Nelle / Photos DR Ces quarante dernières années, le cinéma africain a dû faire face à la faiblesse des investissements dans la production, et la disparition des salles de cinéma. Les années 2010 ont été marquées par un retour des salles de cinéma, l’essor de la télévision satellitaire, et surtout l’arrivée des plateformes [&#8230;]]]></description>
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<p>Par Patrick Nelle / Photos DR<br><br><strong>Ces quarante dernières années, le cinéma africain a dû faire face à la faiblesse des investissements dans la production, et la disparition des salles de cinéma. Les années 2010 ont été marquées par un retour des salles de cinéma, l’essor de la télévision satellitaire, et surtout l’arrivée des plateformes internet. L’avenir si ce nouveau virage rendra possible l’éclosion d’une industrie cinématographique prospère sur le continent.</strong></p>



<p><strong>EXTINCTION ET RENAISSANCE DES SALLES DE CINEMA</strong><br>Malgré de grandes promesses et de réels espoirs, l’industrie cinématographique africaine ne parvient toujours pas à décoller. Parmi les 53 pays que compte le continent africain, aucun d’eux n’a véritablement bâti une industrie cinématographique proprement organisée et structurée, de façon à faire vivre toute une filière, de la production en amont jusqu’au consommateur final. L’activité reste éclatée, faiblement organisée et survit dans un environnement pour le moins anarchique où chacun avec ses propres moyens tente tant bien que mal de tirer son épingle du jeu.<br>Le cinéma africain souffre en premier lieu de grandes faiblesses structurelles voire infrastructurelles. En matière de salles de cinéma, le continent reste une sorte de désert. La période 1980-2000 restera marquée dans l’histoire culturelle africaine comme celle de la quasi extinction de ce que le continent pouvait en matière de salles de cinéma, un phénomène entamé qui s’est encore plus accentué dans ce qu’il est convenu d’appeler l’Afrique sub-saharienne francophone. L’existence d’un réseau de salles de cinéma est pourtant l’une des conditions nécessaires à l’épanouissement d’une industrie cinématographique. Les salles de cinéma constituent le lieu où le producteur commercialise son œuvre auprès du public et réalise les recettes indispensables à la pérennité de toute cette filière. Le cinéma américain que l’on aime prendre comme un exemple de réussite doit son incroyable prospérité en grande partie au deuxième plus grand réseau de salles de cinéma du monde, soit plus de 40 000 écrans répartis à travers l’ensemble du pays. En Chine, dont le cinéma est monté en flèche ces dernières années au point de supplanter Hollywood au rang de première industrie cinématographique de la planète, les producteurs de films peuvent tabler sur un puissant réseau de 80000 salles. En France, les salles de cinéma ont attiré plus de deux cent millions de personnes en 2019, générant un chiffre d’affaire de 1,44 milliard d’euros.<br>Il aura fallu attendre jusqu’en 2011 pour assister à des réouvertures de salles dans plusieurs villes d’Afrique subsaharienne. En 2011, le cinéma Le Normandie, fermé à cause de la guerre dans les années 1980 a rouvert ses portes à Ndjamena, devenant alors la seule salle de cinéma opérationnelle de toute l’Afrique centrale, un privilège perdu en 2016 suite au le lancement de MTN Movies House à Brazzaville. Alors que le nombre de salles de cinéma n’atteignait pas une dizaine dans toute l’Afrique francophone en 2010, on en dénombrait plus d’une cinquantaine aujourd’hui.<br>Dans les années 1960 Bamako comptait 15 salles de cinéma. Dans les années 2010, il n’existait plus qu’une seule salle dans la capitale malienne. Abidjan, dépourvu de salle de cinéma depuis 2000, a pu renouer avec les cinéphiles 2015, grâce à l’ouverture du Majestic Ivoire.<br>Des groupes étrangers sont entrés dans la danse, notamment Bolloré et Pathé-Gaumont, qui sont engagés dans un processus d’extension de leur réseau de salles à travers le continent.<br>Le retour des salles suscite de grands espoirs auprès des producteurs et des cinéastes, mais le mouvement reste encore faible. Même le Nigeria qui fait figure de géant cinématographique africain n’abrite que 147 salles de cinéma pour ses 200 millions d’habitants. L’Afrique du Sud dispose d’un réseau de 782 salles.</p>



<p><strong>NUMÉRISATION ET STREAMING</strong><br>En l’absence de salles de cinéma, les supports numériques étaient un moment perçus comme une bouée de sauvetage. Théoriquement, le numérique et ses nouveaux supports permettraient au producteur de l’œuvre de toucher directement un large public, et de contourner par la même occasion l’obstacle que représentait l’absence de salles de cinéma réservées à la diffusion des films.<br>Dans la pratique, ce rêve s’est vu brutalement balayé par l’éclosion du piratage. Le piratage des œuvres ne s’est jamais aussi bien porté en Afrique qu’avec l’existence des DVD, VCD et autres clés USB, des supports qui techniquement rendent possible une reproduction et la commercialisation des œuvres via des circuits et des acteurs qui échappent totalement aux producteurs et les privent des revenus attendus.<br>Mais la révolution numérique, c’est également l’internet et ses plateformes de diffusion (streaming). Lancée en 2016, la plateforme de vidéo à la demande (VOD) Afrostream se proposait de diffuser les productions locales auprès du public africain, mais l’aventure a dû s’arrêter en 2017, Afrostream déposant le bilan. Netflix, le géant américain de la VOD a lui aussi jeté son dévolu sur le continent, et s’attaque agressivement au marché africain.</p>



<p><strong>CONTENU LOCAL</strong><br>Dans un contexte de domination des productions étrangères, l’enjeu principal pour le cinéma africain reste bel et bien la production et la vente des œuvres africaines.<br>Si les salles de cinéma, les chaînes de télévision et les plateformes internet ne diffusent que des films étrangers, elles pourraient bien devenir le tombeau et non le berceau d’un nouvel âge pour le cinéma africain. Malgré cette domination des films américains, européens et asiatiques sur les supports de diffusion, le public africain garde l’envie de voir des films africains, des productions qui reflètent son identité, son vécu et son environnement. D’où le succès continental du cinéma nigérian et de certaines séries africaines ces 15 dernières années. Cette tendance a été bien perçue par les gros diffuseurs qui souhaitent désormais proposer plus de contenu local à leur audience.<br>Canal Plus a par exemple réorienté sa chaîne A+ vers des productions africaines francophones. La chaîne a produit <em>Ma grande Famille,</em> une adaptation de la série ivoirienne <em>Ma Famille</em>, qui abordait des thèmes de société et dont le succès a dépassé les frontières de la Côte d’Ivoire.<br>Dans une interview accordée à Jeune Afrique, Ben Adamosun le responsable de Netflix pour les programmes originaux en Afrique, se confiait sur les dispositions de Netflix à produire des contenus locaux très demandés par l’audience continentale : « Le contenu que nous avons produit ou acheté en Afrique est aussi diversifié que les habitants du continent. (…) Les séries originales <em>Queen Sono et Blood &amp; Water ainsi que des films comme Òlòtūre, Citation, The Royal Hibiscus Hotel, Serously Single, Mrs Right Guy, Santana, Merry Men 2: Another Mission, Sugar Rush et Baby Mamas ont figuré dans le Top 10 des contenus les plus populaires dans divers pays du monde en 2020 »</em>, révélait-il.<br>Toutefois, les opportunités que peuvent offrir les plateformes de streaming au cinéma africain souffrent encore de la faible distribution et de la cherté de l’internet haut-débit en Afrique. Cette situation ne serait d’ailleurs pas sans lien avec l’échec de la plateforme Afrostreaming en 2017. En effet l’essentiel des connexions internet en Afrique se fait via des smartphones, grâce à la 3G ou la 4G. Ces supports sont indiqués pour regarder des vidéos courtes, tandis que le visionnage de long métrage en streaming a besoin d’une grosse infrastructure de câbles de fibres optiques.<br>Aujourd’hui, le cinéma africain s’installe sur les plateformes de streaming, le Nigeria sort plus de 1700 films par an, soit plus de films que l’Inde, des productions africaines sont honorées dans des festivals internationaux, il y a donc des raisons d’espérer. Mais pour éclore véritablement, le cinéma africain doit encore remporter la bataille de la mise en place des infrastructures de diffusion et de production de contenus locaux, une bataille perdue d’avance tant que les pouvoirs publics n’y apporteront pas les appuis et les financements nécessaires.</p>



<figure class="wp-block-image size-large"><a href="https://couleurcafe.info/media/2021/06/Siege_FESPACO_Ouaga-scaled.jpg"><img loading="lazy" width="1024" height="768" src="https://couleurcafe.info/media/2021/06/Siege_FESPACO_Ouaga-1024x768.jpg" alt="Siège FESPACO Ouaga" class="wp-image-47108" srcset="https://couleurcafe.info/media/2021/06/Siege_FESPACO_Ouaga-1024x768.jpg 1024w, https://couleurcafe.info/media/2021/06/Siege_FESPACO_Ouaga-300x225.jpg 300w, https://couleurcafe.info/media/2021/06/Siege_FESPACO_Ouaga-768x576.jpg 768w, https://couleurcafe.info/media/2021/06/Siege_FESPACO_Ouaga-1536x1152.jpg 1536w, https://couleurcafe.info/media/2021/06/Siege_FESPACO_Ouaga-2048x1536.jpg 2048w" sizes="(max-width: 1024px) 100vw, 1024px" /></a><figcaption>Siège FESPACO Ouaga</figcaption></figure>
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		<title>EN AFRIQUE, LES CRÉATEURS DE JEU VIDÉO SE TROUVENT À UN TOURNANT</title>
		<link>https://couleurcafe.info/en-afrique-les-createurs-de-jeu-video-se-trouvent-a-un-tournant/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[WCKDadmin17]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 02 Jun 2021 06:29:33 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Dossier]]></category>
		<category><![CDATA[Juin 2021]]></category>
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					<description><![CDATA[Pour la création de jeux vidéo en Afrique, les années 2010 ont été une décennie prolifique. Les développeurs ont puisé leur inspiration dans le patrimoine culturel africain, et l’expansion de la téléphonie mobile a servi d’accélérateur. Toutefois, cette jeune industrie devra surmonter des défis pour assurer sa survie sur le long terme.Par Patrick Nelle UNE [&#8230;]]]></description>
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<p><strong>Pour la création de jeux vidéo en Afrique, les années 2010 ont été une décennie prolifique. Les développeurs ont puisé leur inspiration dans le patrimoine culturel africain, et l’expansion de la téléphonie mobile a servi d’accélérateur. Toutefois, cette jeune industrie devra surmonter des défis pour assurer sa survie sur le long terme.<br>Par Patrick Nelle</strong></p>



<p><strong>UNE DECENIE DECISIVE</strong><br>Les années 2010 ont visiblement été une étape importante dans l’histoire de l’industrie africaine du jeu vidéo. Le répertoire des développeurs et la bibliothèque des créations n’a cessé de grandir en Afrique durant cette période, un phénomène qui s’est traduit par une véritable prolifération des studios dans toutes les régions du continent.<br>Fondé en 2009, le studio Letis Arts est connu pour ses jeux vidéo pour mobile, le studio est présent au Ghana en Afrique de l’Ouest, mais aussi au Kenya. Il est le créateur du jeu <em>Ananse&nbsp;: The Origin</em>.<br>Le Nigeria est l’un des plus grands viviers de la création en matière de jeux vidéo en Afrique. Au début des années 2010, l’industrie nigériane était essentiellement portée par Kuluya un développeur particulièrement prolifique avec un catalogue de plus d’une centaine de jeux à son actif. D’autres studios ont également pu émerger au Nigeria, notamment Gamesole et Maliyo.<br>Au Kenya, Black Division Games a fait la une en 2015 grâce à son jeu Nairobi X, téléchargé plus de 21000 fois en l’espace de deux mois.<br>Le Togo et le Bénin ne sont pas en reste. Au Togo, le studio Lim Pio a fait entrer son pays sur la liste des créateurs via son jeu The Boy in Savanah lancé en 2015. Son voisin béninois lui a emboîté le pas l’année suivante, en août 2016, avec la présentation des <em>Aventures du roi Behanzin</em>.<br>En Afrique centrale, en avril de la même année, c’est le studio Kiroo Games qui jetait les bases d’une industrie locale du jeu vidéo avec <em>Aurion&nbsp;: L’Héritage des Kori-Odan</em>.<br>L’Afrique du Sud a joué un rôle pionnier dans le développement du jeu vidéo en Afrique. C’est en 1994 qu’un studio y est créé pour la première fois. Établi à Johannesbourg, le développeur Celestial Games réussit à éditer et à commercialiser deux jeux pour PC, <em>Toxic Bunny et The Tainted. Toxic Bunny</em>, qui met en scène un lapin, sera un véritable succès pour le studio, avec 7000 exemplaires vendus en Afrique du Sud, et plus de 150&nbsp;000 ventes à l’étranger. Malheureusement le studio se trouve confronté à des difficultés et doit cesser ses activités en 2001. Celestial Games effectuera cependant un come-back en 2010 avec une version HD de son premier succès, T<em>oxic Bunny</em>.<br>La liste ci-dessus est loin d’être exhaustive, et les années 2020 produiront sans doute des développements majeurs.</p>



<p><strong>DES CREATIONS QUI S’INSPIRENT DE L’AFRIQUE</strong><br>Pour donner un cachet authentique et original à leurs projets, les développeurs africains ont choisi de s’inspirer dans l’Histoire d’Afrique et de l’immense patrimoine culturel du continent. Un univers riche en contes, en légendes, en mythes et personnages tout aussi fantastiques les uns que les autres, une source d’inspiration quasiment intarissable.<br>Le jeu béninois Les <em>Aventures du roi Behanzin</em> met en scène un personnage historique. Le roi Béhanzin dernier souverain du royaume de Dahomey, qui a résisté à l’invasion des armées coloniales françaises au début du XXe siècle avant d’être capturé et déporté en 1894 dans l’île de la Martinique.<br>Autre exemple, le studio nigerian Maliyo Games, qui à travers <em>Okada Ride</em>, met en scène les moto-taxis qui envahissent les rues de Lagos, un phénomène typique et un aspect incontournable du quotidien des habitants des grandes villes d’Afrique subsaharienne.</p>



<p><strong>LA TELEPHONIE MOBILE COMME ACCELERATEUR</strong><br>L’essor de la téléphonie a été l’un des facteurs les plus favorables à l’industrie africaine du jeu vidéo. Et pour cause, la téléphonie mobile a connu une progression fulgurante en Afrique dans les années 2010. A la fin 2018, le continent dénombrait 459 millions d’abonnés, 20 millions de plus que l’année précédente. Parmi ces abonnés, 239 millions de personnes, soit 23% de la population africaine utilisaient l’internet mobile. Entre 2018 et 2025, le nombre d’Africains abonnés à un service de téléphonie mobile aura augmenté de 167 millions d’utilisateurs.<br>Si en Europe, et en Amérique du Nord et en Asie les joueurs utilisent surtout les consoles de jeu, le joueur africain quant à lui se sert de son téléphone mobile. C’est pourquoi les jeux africains existent quasiment tous sous la forme d’applications téléchargeables.</p>



<p><strong>MANQUE DE FINANCEMENT ET DE PLATEFORMES DE PAIEMENT</strong><br>Les créateurs africains doivent toutefois composer avec obstacles non négligeables&nbsp;: Le manque de financement est un handicap sérieux pour les développeurs de jeux vidéo en Afrique, et parvenir à ses fins demande beaucoup de passion et de patience. Que c soit les structures privées ou publiques, les investisseurs ne se bousculent pas pour accompagner l’aventure africaine du jeu vidéo. Kiroo Games a mis treize ans à développer son jeu <em>Aurion, L’Héritage des Kori-Odan</em>. Le studio a réussi à lever des fonds à travers des opérations laborieuses de crowdfunding et autres campagnes de souscritpion.<br>Autre problème, celui des paiements en lignes. Les jeux disponibles en ligne le sont à travers des plateformes comme App Store ou Google Play store, des plateformes qui s’appuient sur des mécanismes de paiement en ligne et requièrent l’utilisation d’une carte bancaire. Le hic c’est que seule une minorité d’Africains est propriétaire d’un compte en banque et est donc éligible à ce type d’opération. Du coup, même en disposant d’une communauté importante de joueurs, il demeure très difficile aux studios de développement d’engranger des recettes. Face à ce vide, les développeurs cherchent à mettre en place des modes de paiement alternatifs pour s’assurer des ressources financières et garantir leur viabilité, et c’est sans doute sur ce point que se joue une grande partie de l’avenir de l’industrie en Afrique.</p>



<figure class="wp-block-image size-large"><a href="https://couleurcafe.info/media/2021/06/jeux-vidéo-5-scaled.jpg"><img loading="lazy" width="1024" height="683" src="https://couleurcafe.info/media/2021/06/jeux-vidéo-5-1024x683.jpg" alt="Village androïd 2018" class="wp-image-47102" srcset="https://couleurcafe.info/media/2021/06/jeux-vidéo-5-1024x683.jpg 1024w, https://couleurcafe.info/media/2021/06/jeux-vidéo-5-300x200.jpg 300w, https://couleurcafe.info/media/2021/06/jeux-vidéo-5-768x512.jpg 768w, https://couleurcafe.info/media/2021/06/jeux-vidéo-5-1536x1024.jpg 1536w, https://couleurcafe.info/media/2021/06/jeux-vidéo-5-2048x1366.jpg 2048w" sizes="(max-width: 1024px) 100vw, 1024px" /></a></figure>
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		<title>L’industrie du livre en Afrique, un secteur à construire</title>
		<link>https://couleurcafe.info/lindustrie-du-livre-en-afrique-un-secteur-a-construire/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[WCKDadmin17]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 02 Jun 2021 06:16:12 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Dossier]]></category>
		<category><![CDATA[Juin 2021]]></category>
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					<description><![CDATA[Par Rita Diba / Photos DR Un secteur vivant de subventions des institutions internationales et du mécénat, où en plus l’édition scolaire est hégémonique, un développement à plusieurs vitesses selon la partie du continent où on se trouve, selon également la langue internationale usitée, une planification rendue difficile par le manque de statistiques fiables…le chantier [&#8230;]]]></description>
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<p>Par Rita Diba / Photos DR</p>



<p><strong>Un secteur vivant de subventions des institutions internationales et du mécénat, où en plus l’édition scolaire est hégémonique, un développement à plusieurs vitesses selon la partie du continent où on se trouve, selon également la langue internationale usitée, une planification rendue difficile par le manque de statistiques fiables…le chantier de construction de la chaîne du livre est vaste.</strong></p>



<p>On est à la fin des années 80 et au début des années 90. L’Afrique est un vaste champ de batailles avec des guerres et des conflits au Liberia, au Tchad, au Zaïre, en Éthiopie, au Soudan, en Somalie, au Mozambique, en Algérie, etc. qui occupent édition après édition les pages de Jeune Afrique (mon père achetait tous les numéros). Et au milieu de cette Afrique qui semble bien mal partie pour la petite fille que je suis, un ouvrage va m’ouvrir un champ d’autres possibles que j’aurai envie de découvrir, de mieux comprendre et même de vivre parfois. Sur ce continent noir multiple, riche de sa nature, ses traditions, mythes et légendes, modes de vie, défis sociétaux, aspirations, rencontres avec l’Ailleurs… Cet ouvrage – je l’ai encore aujourd’hui, trente ans plus tard, c’était « Le français en Afrique », classes de 4e et 3e, édité par Larousse.<br>Je me suis laissé porter par la science narrative des Mongo Beti, Bernard B. Dadié, Sembène Ousmane, Djibril Tamsir Niane, Camara Laye, Ferdinand Léopold Oyono, Olympe Bhêly-Quénum, Abdoulaye Sadji, Cheikh Hamidou Kane, Jean-Joseph Rabearivelo, Léopold Sédar Senghor, Aké Loba et autres. Leurs œuvres, je vais les chercher et en trouver certaines dès l’adolescence. Tout comme je vais chercher Aimé Césaire, Richard Wright ou encore Edouard Glissant. Entre les pages, je créais des images et des univers à partir des mots.</p>



<p><strong>Le livre scolaire</strong><br>Une belle histoire, n’est-ce pas ? Mais plutôt triste quand on pense que pour découvrir des classiques africains, il aura fallu à la petite Camerounaise que j’étais alors, ouvrir les pages d’un ouvrage scolaire. « Scolaire », le mot est primordial quand on parle de l’industrie du livre en Afrique, comme le prouvent ces propos d’Anges Félix N’Dakpri, le président de l’Association des éditeurs de Côte d’Ivoire (Assedi), parus dans un article sur le secteur du livre en Afrique mis en ligne sur lemonde.fr en mai 2020 : « Le livre scolaire représente 70 % du marché de l’édition, qui pèse 20 milliards de francs CFA [environ 3 millions d’euros]. La chaîne du livre en Côte d’Ivoire est sinistrée ».<br>Ces chiffres spécifiques à la Côte d’Ivoire ne sont pas loin d’une moyenne africaine relevée quelques années auparavant dans un article sur Africultures en novembre 2003 intitulé « A quand une édition scolaire africaine ? », où il était souligné que « Le livre scolaire représente 75 à 90 % du marché global du livre en Afrique. Avec une autre statistique de mauvais augure pour le continent : « à peine 1% des livres scolaires sont produits localement. » Une tendance que des décideurs nationaux et internationaux, notamment la Banque mondiale a essayé d’inverser depuis un peu plus d’une quinzaine d’années maintenant, avec l’objectif de faire émerger des acteurs locaux. Une démarche expliquée par Stéphane Marill, éditrice et fondatrice de l’association ScoLibris Livre solidaire, sur les ondes de RFI en septembre 2020 : « Il y a des choses qui sont faites, notamment sur les appels d’offres financés par la Banque mondiale. Elle a accepté qu’il y ait une préférence nationale. C’est-à-dire qu’une offre nationale peut être un peu plus chère, à hauteur par exemple de 15 % plus cher, qu’une offre internationale. »<br>Et dans ce livre scolaire, se glissent aussi des œuvres d’auteurs inscrites au programme des classes de 6e en Terminale. Au Cameroun par exemple, le Goncourt des lycéens 2020, Djaïli Amadou Amal, voit son œuvre « Munyal, Les larmes de la patience » inscrite au programme de Terminale dès la rentrée académique prochaine. Et les subventions permettront que le roman soit disponible à 2500F au lieu de 5000F.</p>



<p><strong>Subventions et besoins de structuration</strong><br>Subventions. Appuis. Accompagnement. Ces termes reviennent beaucoup quand on parle de l’industrie du livre en Afrique, notamment au sud du Sahara. L’important organisme d’éditeurs ABC (African Books Collective) fondé en 1990 par exemple, a vécu jusqu’en 2007 de financements venant d’agences de développement et de coopération internationale du Danemark, de la Finlande, de la Norvège, de fondations comme Ford ou encore Rockefeller, etc. Des organisations qu’on retrouvait très investies dans le développement du livre en Afrique subsaharienne anglophone. Même démarche du côté de l’Afrique noire francophone. Ange Mbelle, diffuseur installée au Cameroun, explique : « L’Organisation Internationale de la Francophonie fait un travail intéressant pour rendre le livre accessible en termes de prix. Ces aides sont très importantes. On a des livres comme ça tous les ans, avec des institutions qui décident, généralement des gens de la diaspora, de rendre le livre disponible en Afrique et qui le subventionnent. Les limites de ces subventions sont les suivantes : on subventionne les éditeurs, ils éditent et rangent dans des cartons. Donc ça ne résout pas le problème de la circulation et de l’accessibilité du livre en Afrique subsaharienne. Au Cameroun, les subventions sont accordées au le livre scolaire. Et nos librairies se retrouvent à vivre trois mois l’année parce que tout est concentré sur cette catégorie. Pourtant, il n’y a pas que le livre scolaire. »<br>Selon Madame Mbelle, il est impératif de structurer le secteur. Elle s’exprime sans fioritures : « 90% des acteurs du livre au Cameroun, et j’exagère à peine, ne savent pas quel est leur travail, leur feuille de route (…) On a normalement un circuit constitué de l’auteur, l’éditeur. On peut avoir l’agence littéraire avant ce dernier. Ensuite, on a un diffuseur, un distributeur et un point de vente. Donc c’est toute une chaîne et ce sont des structures, des entreprises qui sont censées faire un travail précis. Mais chez nous, le même individu est un condensé d’auteur, éditeur, libraire et ce n’est pas possible ! » Un impératif de structuration qui est présent aussi en Afrique subsaharienne anglophone et qui aura été sur la table des discussions du séminaire de l’International Publishers Association en septembre 2019 à Nairobi au Kenya. Rencontre au cours de laquelle l’éditrice Olatoun Gabi-Williams a déclaré que des connaissances techniques étaient nécessaires afin de maîtriser les outils de création d’entreprises viables, avec des systèmes bien en place. Elle a ajouté « Pour se rapprocher du leadership mondial, l&#8217;industrie doit se professionnaliser. »</p>



<p><strong>Potentialités</strong><br>La professionnalisation donc pour un secteur qui, avec l’avènement de la Zone de libre-échange continentale africaine (Zlecaf) et son marché de plus d’un milliard de personnes, peut réaliser de grosses recettes. Même si des chiffres fiables globaux manquent pour une meilleure planification. En plus du marché, un autre potentiel facteur de vulgarisation du livre en Afrique, c’est le digital. D’ailleurs, ABC a su se réinventer et saisir l’occasion de l’outil numérique pour améliorer la distribution de ses plus de 3000 titres.</p>



<figure class="wp-block-image size-large"><a href="https://couleurcafe.info/media/2021/06/29683677_1635935189857591_6045239968009925702_n.jpg"><img loading="lazy" width="640" height="640" src="https://couleurcafe.info/media/2021/06/29683677_1635935189857591_6045239968009925702_n.jpg" alt="" class="wp-image-47099" srcset="https://couleurcafe.info/media/2021/06/29683677_1635935189857591_6045239968009925702_n.jpg 640w, https://couleurcafe.info/media/2021/06/29683677_1635935189857591_6045239968009925702_n-300x300.jpg 300w, https://couleurcafe.info/media/2021/06/29683677_1635935189857591_6045239968009925702_n-150x150.jpg 150w, https://couleurcafe.info/media/2021/06/29683677_1635935189857591_6045239968009925702_n-60x60.jpg 60w" sizes="(max-width: 640px) 100vw, 640px" /></a></figure>
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