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	<title>Juillet-Août 2023 &#8211; Couleur Café</title>
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	<title>Juillet-Août 2023 &#8211; Couleur Café</title>
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		<title>La grande histoire de Benjamin Tanguy et Jazz à Vienne</title>
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		<dc:creator><![CDATA[WCKDadmin17]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 01 Aug 2023 15:22:48 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Festivals]]></category>
		<category><![CDATA[Juillet-Août 2023]]></category>
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					<description><![CDATA[Directeur artistique du festival Jazz à Vienne depuis 2010 toutes scènes confondues (Cybèle et grande scène), Benjamin Tanguy passe en revue des moments forts qu’il a vécu et passe le témoin à Guillaume Anger. Il se confie à Couleur Café. Couleur Café&#160;: Être directeur artistique d’un festival qu’est-ce que ça suppose&#160;? Benjamin Tanguy&#160;: Lorsqu’on est [&#8230;]]]></description>
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<p><strong>Directeur artistique du festival Jazz à Vienne depuis 2010 toutes scènes confondues (Cybèle et grande scène), Benjamin Tanguy passe en revue des moments forts qu’il a vécu et passe le témoin à Guillaume Anger. Il se confie à Couleur Café.</strong></p>



<p><strong>Couleur Café&nbsp;: Être directeur artistique d’un festival qu’est-ce que ça suppose&nbsp;?</strong></p>



<p>Benjamin Tanguy&nbsp;: Lorsqu’on est directeur de festival, le plus dur au début est de dire non.&nbsp; Parce qu’on a beaucoup de propositions intéressantes, on a la chance d’entendre plein de projets qu’on aimerait programmer, mais il faut répondre à un cahier de charge. Le cahier de charge de Jazz à Vienne c’est l’unique scène payante, qui doit être rentable. Elle est la plus regardée, on montre l’évolution, il y a tout un équilibre à trouver entre les noms attendus, les nouvelles générations, les projets de créations. Ça demande beaucoup d’énergie, on passe par des moments de doute de ses capacités à monter des programmes, de savoir exactement si on a fait les bons choix.</p>



<p><strong>CC&nbsp;: Tu as vécu une grande histoire avec le festival Jazz à Vienne</strong></p>



<p>BT&nbsp;: Je suis arrivé comme stagiaire en 2009, ensuite je suis allé bosser 1 an à Nîmes, puis je suis arrivé en septembre 2010 d’abord en tant que programmateur des scènes gratuites et responsable de l’action culturelle et depuis 2016, co-directeur et Directeur artistique en gardant la programmation du club, de Cybèle et le développement à l’international&nbsp;: États-Unis, Japon, Brésil, Togo.&nbsp;</p>



<p><strong>CC&nbsp;: Avoir un carnet de charge signifie que tu travailles toute l’année en fait…</strong></p>



<p>BT&nbsp;: Tout à fait. Mais il est fait selon ma sensibilité. Le nouveau directeur artistique, Guillaume Anger, aura sa façon de faire, mais très peu de choses vont évoluer, il n’y a qu’une scène payante et c’est très bien comme ça.</p>



<p><strong>CC&nbsp;: En réalité, le festival dure combien de temps&nbsp;?</strong></p>



<p>BT&nbsp;: Je dis toujours qu’il dure 15 jours, mais c’est plutôt 3 semaines.&nbsp; Cette année, nous sommes sur 18 jours de festival, en comptant la partie jeune public.</p>



<p><strong>CC&nbsp;: Sur la scène payante comment s’articule la programmation&nbsp;?</strong></p>



<p>BT&nbsp;: Les soirées thématiques ont été mises en place par Jean-Paul Boutellier. Le fait d’avoir ces labels donne une liberté assez intéressante pour présenter plein de couleurs, faire plein de mélange et présenter différentes générations de musiciens. Cette année, nous avons présenté une soirée Cuba avec pour commencer un latin Jazz dans sa forme classique et moderne avec Harold Lopes-Nussa, produit par Michael League, puis une tradition Son avec Grupo Compay Segundo pour terminer sur des combinaisons afro funk de Cimafunk. Donc on raconte une histoire.</p>



<p><strong>CC&nbsp;: C’est une façon de raconter l’évolution du jazz avec tous ces croisements.</strong></p>



<p>BT&nbsp;: Oui on parle de nouvelles générations, de nouveaux sons, de l’intérêt de ces artistes à raconter autre chose tout en respectant la tradition. C’est ce qu’il y a de génial.</p>



<p><strong>CC&nbsp;: Durant la période où tu as été directeur artistique de ce festival, j’imagine que la période la plus difficile a été celle de la COVID-19</strong></p>



<p>BT&nbsp;: C’était très difficile. Je ne l’ai pas très bien appréhendée, je l’ai mal vécue. Lorsqu’on a un rythme soutenu depuis une dizaine d’année, ton corps et ton esprit y est habitué. En 2020 on n’a rien fait, c’était compliqué mais nous étions tous embarqués dans le même bateau, on ne pouvait rien faire. En 2021, les ¾ des festivals n’ont pas pu se tenir, on s’est battu pour faire cette édition cette année-là, on s’est retrouvé parfois seul à prendre des décisions, nous avons eu la sensation d’être un peu abandonnés par les pouvoirs publics, c’était un moment de doute, à savoir quel est notre rôle dans la société. 80% du programme qu’on avait présenté au mois d’avril avait changé durant le festival. Nous avons créé un fichier qui représente tous les changements, les remplacements et les annulations qu’on a dû faire. Salif Keita qui était venu pour 2 concerts mais était en quarantaine à Paris, Lianne la Havas c’était pareil, c’était difficile. On ne pouvait pas s’appuyer sur d’autres festivals, il y a eu la distanciation sociale, la jauge, les couvre-feux, la fermeture des frontières. Il y a eu des moment où nous n’étions plus une famille, par contre le public était là, il a senti qu’on se battait pour le festival et on s’est rendu compte qu’on avait un des plus beaux public.</p>



<p><strong>CC&nbsp;: Avec du recul, fallait-il que le festival se tienne durant cette période&nbsp;?</strong></p>



<p>BT&nbsp;: J’ai failli dire que dès les premières notes tout était oublié. Nous avons bien fait de faire cette édition pour les artistes et le public qui nous ont remercié de nous être battus pour qu’il se tienne. Les bénévoles, les techniciens, tout le monde était ravi, c’était fort.&nbsp;</p>



<p><strong>CC&nbsp;: Quels sont les moments forts que tu retiens pendant ces années passées à Jazz à Vienne&nbsp;?</strong></p>



<p>BT&nbsp;: Il y en a plein, entre le fait de découvrir un artiste, de te dire qu’il faut le présenter au public et de voir les réactions positives, il y a eu beaucoup de moments d’émotion.</p>



<p><strong>CC&nbsp;: Quel bilan dresses-tu de ces années&nbsp;?</strong></p>



<p>BT&nbsp;: Il y a une augmentation du public de 15 à 20%, il est de plus en plus varié, de plus en plus jeune, il y a un travail de communication qui est fait en direction des familles. On sait que le jazz souffre souvent du vieillissement de la population et de son renouvellement, c’était un de mes objectifs.</p>



<p class="has-text-align-right">Propos recueillis par Samuel Nja Kwa</p>



<figure class="wp-block-gallery columns-3 is-cropped"><ul class="blocks-gallery-grid"><li class="blocks-gallery-item"><figure><a href="https://couleurcafe.info/media/2023/08/Jazz-à-Vienne.jpg"><img loading="lazy" width="1024" height="768" src="https://couleurcafe.info/media/2023/08/Jazz-à-Vienne-1024x768.jpg" alt="" data-id="48042" data-full-url="https://couleurcafe.info/media/2023/08/Jazz-à-Vienne.jpg" data-link="https://couleurcafe.info/?attachment_id=48042" class="wp-image-48042" srcset="https://couleurcafe.info/media/2023/08/Jazz-à-Vienne-1024x768.jpg 1024w, https://couleurcafe.info/media/2023/08/Jazz-à-Vienne-300x225.jpg 300w, https://couleurcafe.info/media/2023/08/Jazz-à-Vienne-768x576.jpg 768w, https://couleurcafe.info/media/2023/08/Jazz-à-Vienne-1536x1152.jpg 1536w, https://couleurcafe.info/media/2023/08/Jazz-à-Vienne.jpg 2000w" sizes="(max-width: 1024px) 100vw, 1024px" /></a><figcaption class="blocks-gallery-item__caption">Jazz à Vienne</figcaption></figure></li><li class="blocks-gallery-item"><figure><a href="https://couleurcafe.info/media/2023/08/Passation-JAV.jpg"><img loading="lazy" width="1024" height="768" src="https://couleurcafe.info/media/2023/08/Passation-JAV-1024x768.jpg" alt="" data-id="48043" data-full-url="https://couleurcafe.info/media/2023/08/Passation-JAV.jpg" data-link="https://couleurcafe.info/?attachment_id=48043" class="wp-image-48043" srcset="https://couleurcafe.info/media/2023/08/Passation-JAV-1024x768.jpg 1024w, https://couleurcafe.info/media/2023/08/Passation-JAV-300x225.jpg 300w, https://couleurcafe.info/media/2023/08/Passation-JAV-768x576.jpg 768w, https://couleurcafe.info/media/2023/08/Passation-JAV-1536x1152.jpg 1536w, https://couleurcafe.info/media/2023/08/Passation-JAV.jpg 2016w" sizes="(max-width: 1024px) 100vw, 1024px" /></a><figcaption class="blocks-gallery-item__caption">Passation JAV</figcaption></figure></li><li class="blocks-gallery-item"><figure><a href="https://couleurcafe.info/media/2023/08/Pat-Metheny-à-Jazz-à-Vienne©S.-Nja-Kwa-scaled.jpg"><img loading="lazy" width="684" height="1024" src="https://couleurcafe.info/media/2023/08/Pat-Metheny-à-Jazz-à-Vienne©S.-Nja-Kwa-684x1024.jpg" alt="" data-id="48044" data-full-url="https://couleurcafe.info/media/2023/08/Pat-Metheny-à-Jazz-à-Vienne©S.-Nja-Kwa-scaled.jpg" data-link="https://couleurcafe.info/?attachment_id=48044" class="wp-image-48044" srcset="https://couleurcafe.info/media/2023/08/Pat-Metheny-à-Jazz-à-Vienne©S.-Nja-Kwa-684x1024.jpg 684w, https://couleurcafe.info/media/2023/08/Pat-Metheny-à-Jazz-à-Vienne©S.-Nja-Kwa-200x300.jpg 200w, https://couleurcafe.info/media/2023/08/Pat-Metheny-à-Jazz-à-Vienne©S.-Nja-Kwa-768x1150.jpg 768w, https://couleurcafe.info/media/2023/08/Pat-Metheny-à-Jazz-à-Vienne©S.-Nja-Kwa-1025x1536.jpg 1025w, https://couleurcafe.info/media/2023/08/Pat-Metheny-à-Jazz-à-Vienne©S.-Nja-Kwa-1367x2048.jpg 1367w, https://couleurcafe.info/media/2023/08/Pat-Metheny-à-Jazz-à-Vienne©S.-Nja-Kwa-scaled.jpg 1709w" sizes="(max-width: 684px) 100vw, 684px" /></a><figcaption class="blocks-gallery-item__caption">Pat Metheny à Jazz à Vienne©S. Nja Kwa</figcaption></figure></li><li class="blocks-gallery-item"><figure><a href="https://couleurcafe.info/media/2023/08/Samara_Joy_JAV-scaled.jpg"><img loading="lazy" width="684" height="1024" src="https://couleurcafe.info/media/2023/08/Samara_Joy_JAV-684x1024.jpg" alt="" data-id="48045" data-full-url="https://couleurcafe.info/media/2023/08/Samara_Joy_JAV-scaled.jpg" data-link="https://couleurcafe.info/?attachment_id=48045" class="wp-image-48045" srcset="https://couleurcafe.info/media/2023/08/Samara_Joy_JAV-684x1024.jpg 684w, https://couleurcafe.info/media/2023/08/Samara_Joy_JAV-200x300.jpg 200w, https://couleurcafe.info/media/2023/08/Samara_Joy_JAV-768x1150.jpg 768w, https://couleurcafe.info/media/2023/08/Samara_Joy_JAV-1025x1536.jpg 1025w, https://couleurcafe.info/media/2023/08/Samara_Joy_JAV-1367x2048.jpg 1367w, https://couleurcafe.info/media/2023/08/Samara_Joy_JAV-scaled.jpg 1709w" sizes="(max-width: 684px) 100vw, 684px" /></a><figcaption class="blocks-gallery-item__caption">Samara_Joy_JAV</figcaption></figure></li><li class="blocks-gallery-item"><figure><a href="https://couleurcafe.info/media/2023/08/SIXUN-A_JAZZ_A_VIENNE-scaled.jpg"><img loading="lazy" width="1024" height="684" src="https://couleurcafe.info/media/2023/08/SIXUN-A_JAZZ_A_VIENNE-1024x684.jpg" alt="" data-id="48046" data-full-url="https://couleurcafe.info/media/2023/08/SIXUN-A_JAZZ_A_VIENNE-scaled.jpg" data-link="https://couleurcafe.info/?attachment_id=48046" class="wp-image-48046" srcset="https://couleurcafe.info/media/2023/08/SIXUN-A_JAZZ_A_VIENNE-1024x684.jpg 1024w, https://couleurcafe.info/media/2023/08/SIXUN-A_JAZZ_A_VIENNE-300x200.jpg 300w, https://couleurcafe.info/media/2023/08/SIXUN-A_JAZZ_A_VIENNE-768x513.jpg 768w, https://couleurcafe.info/media/2023/08/SIXUN-A_JAZZ_A_VIENNE-1536x1025.jpg 1536w, https://couleurcafe.info/media/2023/08/SIXUN-A_JAZZ_A_VIENNE-2048x1367.jpg 2048w" sizes="(max-width: 1024px) 100vw, 1024px" /></a><figcaption class="blocks-gallery-item__caption">SIXUN-A_JAZZ_A_VIENNE</figcaption></figure></li></ul></figure>
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		<item>
		<title>Souleymane Cissé, une vie de cinéma</title>
		<link>https://couleurcafe.info/souleymane-cisse-une-vie-de-cinema/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[WCKDadmin17]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 31 Jul 2023 15:32:08 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Cinéma / Théâtre / TV]]></category>
		<category><![CDATA[Juillet-Août 2023]]></category>
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					<description><![CDATA[Mercredi 17 mai, le réalisateur malien arpente le tapis rouge de la 76e édition du Festival de Cannes avec son équipe et quelques membres de sa famille. Il est le lauréat du Carrosse d’or célébrant sa carrière, décerné par la société des réalisatrices et réalisateurs de films. L’auteur de Yeelen recevait déjà à la quinzaine [&#8230;]]]></description>
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<p><strong>Mercredi 17 mai, le réalisateur malien arpente le tapis rouge de la 76e édition du Festival de Cannes avec son équipe et quelques membres de sa famille. Il est le lauréat du Carrosse d’or célébrant sa carrière, décerné par la société des réalisatrices et réalisateurs de films. L’auteur de Yeelen recevait déjà à la quinzaine des réalisateurs en 1987 le prix du jury pour le film susnommé.&nbsp; A 82 ans, l’exceptionnelle œuvre de Souleymane Cissé brille au firmament, l’émotion en prime, un moment inédit de sa vie. Couleur café lui a rendu visite à Bamako.</strong></p>



<p>A travers Waati -le temps-, Souleymane Cissé alias Boua, riche d’une carrière en&nbsp; constante fulgurance, c’est également l’histoire d’un Carrosse d’Or qui vient consacrer l’ensemble de son œuvre. Après Sembène Ousmane en 2005, Souleymane Cissé est le deuxième africain à recevoir le sésame.&nbsp;</p>



<p>Au pas de sa résidence dans le quartier résidentiel de la Cité du Niger, le borom caméra du cinéma malien a érigé au cœur de sa villa musée deux statues à l’honneur de ses parents, Tenin Dramé, sa mère et son père, Bayousou Cissé. Pour atteindre le patio à l’étage on traverse une galerie remplie de photos. En lumière (Yeelen) Souleymane Cissé dédié dans l’esthétique d’une Afrique authentique dont la poétique réside dans la singularité des thématiques traitées. L&#8217;œuvre de Cissé compte deux prix internationaux, 16 nominations pour un riche palmarès à faire pâlir.&nbsp;</p>



<p>Son homonyme que le cinéaste lui-même appelle Bâ Solo, nous sert de l’eau selon la tradition malienne, une bouteille d’eau avec un verre, chez Solo (pour ses intimes), les visiteurs partagent le gobelet. Tout un symbole.</p>



<p><strong>Une œuvre au nom de la femme et de la mère</strong></p>



<p>Comme l’eau retourne toujours à la source, le pionnier du cinéma africain, non moins avant-gardiste, exprime son attachement profond à ses racines africaines aux prises des grandes mutations dans lesquelles se jouent les destins d’hommes et de femmes devant trouver leur place dans un monde en mouvement. Au détour de sa galerie le long des escaliers, il nous présente sa première épouse Dounamba Dany Coulibaly en ces termes : “Voilà la mère de Fatou”, sa fille réalisatrice et auteure du Film <em>Boua</em>, l’émotion s’entend, on égraine le temps de ces années marquantes de sa vie. L’œuvre de Souleymane c’est la fille et la femme. <strong><em>Den Muso, </em></strong>son premier long métrage réalisé en 1975, une mise en perspective de sa trajectoire d’être père et du choix de n’en décider qu’après avoir réalisé son premier film, au croisement du drame que vit son héroïne Tenin (incarnée par Dounamba), violée et mis enceinte par Sékou. Ce premier film découvre les fils d’un monde qui change. Dans la poétique de <em>Den Muso</em>, c’est la fiction qui croise le réel, l’histoire s’est produite dans l’environnement proche du réalisateur. Ce film lui fait encore pétiller les yeux lorsqu’il en parle, avec sensibilité. Souleymane porte au cinéma des actrices à l’heure du temps et fières d’incarner leur époque. <em>Den Muso</em> plus qu’une ode à la protection de la jeune fille, est avant tout le moyen de porter à l&#8217;écran les dérives autoritaires dont les premières victimes sont les jeunes, en charge de porter l’espoir, le bourreau devenant victime de son propre fonctionnement. Si Sékou n’avait pas perdu son boulot, il n’aurait pas nourri un tel stratagème, jusqu’au crime, le viol. Ces égéries : Dounamba Dany Coulibaly, Fanta Diabaté, Fanta Keita et Oumou Diarra naviguent d’un plateau à l’autre des films Cissé sur une musique quasi parfaite, de célébration de l’élégance de la sahélienne.&nbsp;</p>



<p><strong>Un cinéma intemporel et universel</strong></p>



<p><strong><em>&nbsp;Baara</em></strong>, Grand prix Etalon de Yennenga en 1979&nbsp; et <em>Finyè</em> un duo intemporel, témoin majeur du Mali d’hier et d’aujourd’hui. Dans ses deuxième et troisième films, Souleymane fait une esquisse de l’intégration de la classe ouvrière en formation dans la nouvelle dynamique de développement du pays en 1978. Pour compléter le tableau,<strong><em> Finyè</em></strong> sur fond de lutte de classes annoncera les futures révoltes qui finiront par sceller la digue de la dictature. Ainsi <em>Baara</em> et <em>Finyè</em> présageaient déjà la chute du dictateur Moussa Traoré. A l’instar de la nouvelle vague française les scènes de nu sont assumées, les ralentis de caméra sur le corps féminin beau et épanoui, une esthétique du corps à célébrer, marqueur de l’évolution des mondes, l’urbaine, belle et consciente de ses atouts, toile réaliste d’un monde en mutation. Ce contraste d’un espace urbain où se côtoient nouveaux riches (administrateurs corrompus, commerçants) et pauvres employés épingle les deux films. Plus de 40 ans après les thématiques du chômage, de la corruption, de la lutte des classes, dominent le champ social. <strong><em>Yeleen</em></strong>, prix du Jury ex aequo en 1987, dans un registre carrément onirique, rompt avec ses premiers thèmes et se tourne vers un récit initiatique portant à l’écran le poids de la transmission. Toutefois, un thème demeure, la modernité versus tradition. Philosophique à ce stade de sa carrière, son cinéma ne se veut pas, il l’est, il transcende ainsi les questions politiques liées à la fille et la femme, la dictature pour nous atterrir dans <em>Waati</em> zénith d’un palmarès vers l’apothéose où des nouvelles ambitions sont affichées, le cinéma malien s’internationalise.&nbsp;</p>



<p><strong>Un regret, la disparition des salles de cinémas de son enfance</strong></p>



<p>Natif de Bozola, un des premiers quartiers de Bamako, Souleymane Cissé a grandi avec les salles de cinéma. A 82 ans, une pointe d’amertume se lit dans sa pensée quand il exprime son désarroi face aux salles de cinéma fermées du Mali depuis quelques années, avec nostalgie il confesse l’embarras du choix des salles à travers la capitale malienne à son temps de jeunesse. Du haut de son âge, il ne peut comprendre qu’un aussi grand pays de cinéma ait un déficit d’infrastructure pour magnifier le septième art.&nbsp;</p>



<p><strong>Une tendre pensée à Sembène Ousmane</strong></p>



<p>Il ne pouvait que penser à lui pendant la réception de son prix, l’auteur d’<strong><em>Oka</em></strong> exalte sa gratitude à son aîné qui lui a tant donné. Il tient à rendre hommage à Sembène Ousmane pendant la cérémonie ainsi qu’à toutes les personnes ayant fait preuve de générosité pendant sa construction cinématographique, surtout les techniciens maliens qui ont donné leur vie pour la réalisation de ses films, comme Balla Moussa Keita, Soumaïla Sarr. Des personnes qui ont, non seulement aimé leur métier, mais surtout, qui ont dû affronter pour certains le licenciement pour continuer à faire du cinéma. Le cinéma est une vie de sacrifice et qui mieux que Souleymane Cissé au milieu de ses centaines de milliers d&#8217;archives pour en parler. Plus qu’un hommage, ce majestueux prix porte, selon le réalisateur, un vent nouveau pour le cinéma et la jeunesse d’Afrique :<em> «&nbsp;Le carrosse d’or pour moi est un signe de l’espoir. Il a été la grande surprise dont je ne m’attendais pas, au-delà de tout, c’est une reconnaissance de la part de ma profession. Ce prix donne raison à mes parents qui m’ont soutenu, c’est pourquoi je leur ai dédié chez moi ces deux monuments dans le jardin.&nbsp;»</em><strong><em>&nbsp;</em></strong></p>



<p class="has-text-align-right">Dia Sako</p>



<p class="has-text-align-right">Responsable Afrique Couleur Café</p>



<figure class="wp-block-gallery columns-1 is-cropped"><ul class="blocks-gallery-grid"><li class="blocks-gallery-item"><figure><img loading="lazy" width="1920" height="2560" src="https://couleurcafe.info/media/2023/07/Souleymane-scaled.jpg" alt="Souleymane Cissé" data-id="48032" data-full-url="https://couleurcafe.info/media/2023/07/Souleymane-scaled.jpg" data-link="https://couleurcafe.info/?attachment_id=48032" class="wp-image-48032" srcset="https://couleurcafe.info/media/2023/07/Souleymane-scaled.jpg 1920w, https://couleurcafe.info/media/2023/07/Souleymane-225x300.jpg 225w, https://couleurcafe.info/media/2023/07/Souleymane-768x1024.jpg 768w, https://couleurcafe.info/media/2023/07/Souleymane-1152x1536.jpg 1152w, https://couleurcafe.info/media/2023/07/Souleymane-1536x2048.jpg 1536w" sizes="(max-width: 1920px) 100vw, 1920px" /></figure></li></ul></figure>
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		<item>
		<title>Malika Zarra, des airs de liberté</title>
		<link>https://couleurcafe.info/malika-zarra-des-airs-de-liberte/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[WCKDadmin17]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 31 Jul 2023 15:18:57 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Invité]]></category>
		<category><![CDATA[Juillet-Août 2023]]></category>
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					<description><![CDATA[Malika Zarra est une chanteuse, autrice et compositrice marocaine à la fois attachée à ses traditions et ouverte sur le monde. Sa musique illustre sa personnalité, ouverte et colorée. Elle nous présente Rwa, un album qui symbolise la liberté.&#160; Couleur Café&#160;: Comment as-tu rencontré le jazz&#160;? Malika Zarra&#160;: J’ai commencé par apprendre à jouer de [&#8230;]]]></description>
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<p><strong>Malika Zarra est une chanteuse, autrice et compositrice marocaine à la fois attachée à ses traditions et ouverte sur le monde. Sa musique illustre sa personnalité, ouverte et colorée. Elle nous présente </strong><strong><em>Rwa</em></strong><strong>, un album qui symbolise la liberté.&nbsp;</strong></p>



<p><strong>Couleur Café&nbsp;: Comment as-tu rencontré le jazz&nbsp;?</strong></p>



<p>Malika Zarra&nbsp;: J’ai commencé par apprendre à jouer de la clarinette, ensuite j’ai joué dans une fanfare avec des copines. Notre professeur de solfège était un batteur de jazz, il m’a initiée au jazz et j’étais touchée par la liberté qu’il y a dans cette musique, l’improvisation, qu’on retrouve dans toutes les musiques traditionnelles. J’ai trouvé un lien par rapport à ma culture. J’ai été au conservatoire, je me trouvais un peu trop enfermée et le jazz m’a libérée.</p>



<p><strong>Couleur Café&nbsp;: Ton album s’intitule</strong><strong><em> Rwa</em></strong><strong>, qui signifie&nbsp;?</strong></p>



<p>Malika Zarra&nbsp;: C’est un terme en berbère, que je cherchais avant même que les morceaux de l’album existent, qui exprime le fait de créer quelque chose ensemble (avec d’autres personnes). C’est un vieux mot qui a disparu du parler amazigh, qui définit un groupe de personnes se retrouve pour extraire une essence, une huile, une récolte. C’est exactement ce que je voulais exprimer sur cet album. J’ai eu la chance de pouvoir vivre entre la France, le Maroc et les États-Unis, mes rencontres sur ces 3 continents ont fait ce que je suis aujourd’hui. J’ai commencé à écrire les morceaux de l’album au Maroc, ensuite j’ai commencé à l’enregistrer à New York et je l’ai terminé à Paris.</p>



<p><strong>CC&nbsp;: C’est un album assez éclectique, à la fois, jazz, blues avec des sonorités africaines arabes et orientales</strong></p>



<p>MZ&nbsp;: Je souhaitais, à travers cet album, rendre hommage à des personnes que j’ai rencontrées dans les pays où j’ai vécu. Je ne voulais pas me limiter à une seule esthétique, je voulais faire ressortir toutes les influences que j’ai reçues. Il n’y a vraiment pas de frontière. Je n’ai pas cherché à me limiter.</p>



<p><strong>CC&nbsp;: Tu chantes aussi en plusieurs langues</strong></p>



<p>MZ&nbsp;: C’est le premier album où je chante en <em>darija</em>, qui est un arabe dialectal marocain. J’aime chanter dans différentes langues. En tant que vocaliste, je trouve cela très intéressant parce que chaque langue apporte des ouvertures et des placements différents, des sons propres aux langues. Il y a aussi l’histoire de la langue maternelle&nbsp;: lorsqu’on chante dans sa propre langue, l’émotion qui s’en dégage est différence par rapport à une langue autre. Émotionnellement, ce sont des choses qui me touchent et j’essaie de donner la place au <em>darija</em>, qui a des influences berbère, arabe, espagnole, française, allemande, anglaise. Pour cela, je me suis aussi entourée de deux autrices marocaines. Je me suis reposée sur elles pour réécrire ou proposer d’autres textes basées sur les thèmes sur lesquels je voulais travailler. Il y a aussi une chanson en malgache, écrite par l’écrivain Jean-Luc raharimanana. J’ai combiné une chanson marocaine avec un texte en malgache. La chanson s’intitule <em>Mamalia</em>, elle parle de la force l’espoir et du sourire pour se relever. Il y a aussi le titre<em> Yallah Tnam Rima</em>, chanté avec Mamani Keita, qui a été écrit pour la chanteuse libanaise fayrouz. C’est une berceuse qui est tirée d’une comédie musicale. J’en ai fait une version différente, il y a un passage chanté par Mamani.</p>



<p><strong>CC&nbsp;: Quelles sont tes couleurs préférées&nbsp;?</strong></p>



<p>MZ&nbsp;: J’aime bien les couleurs chaudes&nbsp;: le rouge, l’orange, le jaune.</p>



<p><strong>CC&nbsp;: Toutes ces couleurs se retrouvent sur le visuel de ta pochette d’album</strong></p>



<p>MZ&nbsp;: Oui c’est la liberté, s’assumer, j’aime la chaleur. Par exemple la chanson <em>Feen</em>, parle d’une personne qui se retrouve dans un pays où les frontières sont fermées et qui n’a aucune possibilité de bouger sans devoir demander des visas. Il dit de façon ironique qu’il est comme une lettre à la poste, qu’il faut être tamponné pour pouvoir bouger.</p>



<p><strong>CC&nbsp;: Et si tu étais un oiseau&nbsp;?</strong></p>



<p>MZ&nbsp;: Complètement&nbsp;! La chanson<em> Ouhelt</em> traduit aussi cette situation de blocage. Le morceau qui s’intitule <em>La&nbsp;!</em> parle d’une personne qui a du mal à dire non, pour être plus libre.</p>



<p class="has-text-align-right">Samuel Nja Kwa</p>



<figure class="wp-block-gallery columns-2"><ul class="blocks-gallery-grid"><li class="blocks-gallery-item"><figure><a href="https://couleurcafe.info/media/2023/07/Malika-Zarra-au-Sunset-en-Juin-2023©S.-Nja-Kwa-1-scaled.jpg"><img loading="lazy" width="684" height="1024" src="https://couleurcafe.info/media/2023/07/Malika-Zarra-au-Sunset-en-Juin-2023©S.-Nja-Kwa-1-684x1024.jpg" alt="" data-id="48026" data-full-url="https://couleurcafe.info/media/2023/07/Malika-Zarra-au-Sunset-en-Juin-2023©S.-Nja-Kwa-1-scaled.jpg" data-link="https://couleurcafe.info/malika-zarra-des-airs-de-liberte/malika-zarra-au-sunset-en-juin-2023s-nja-kwa-1/" class="wp-image-48026" srcset="https://couleurcafe.info/media/2023/07/Malika-Zarra-au-Sunset-en-Juin-2023©S.-Nja-Kwa-1-684x1024.jpg 684w, https://couleurcafe.info/media/2023/07/Malika-Zarra-au-Sunset-en-Juin-2023©S.-Nja-Kwa-1-200x300.jpg 200w, https://couleurcafe.info/media/2023/07/Malika-Zarra-au-Sunset-en-Juin-2023©S.-Nja-Kwa-1-768x1150.jpg 768w, https://couleurcafe.info/media/2023/07/Malika-Zarra-au-Sunset-en-Juin-2023©S.-Nja-Kwa-1-1025x1536.jpg 1025w, https://couleurcafe.info/media/2023/07/Malika-Zarra-au-Sunset-en-Juin-2023©S.-Nja-Kwa-1-1367x2048.jpg 1367w, https://couleurcafe.info/media/2023/07/Malika-Zarra-au-Sunset-en-Juin-2023©S.-Nja-Kwa-1-scaled.jpg 1709w" sizes="(max-width: 684px) 100vw, 684px" /></a><figcaption class="blocks-gallery-item__caption">Malika Zarra au Sunset en Juin 2023©S. Nja Kwa</figcaption></figure></li><li class="blocks-gallery-item"><figure><a href="https://couleurcafe.info/media/2023/07/Malika-Zarra-au-Sunset-Paris-Juin-2023©S.-Nja-Kwa-1-scaled.jpg"><img loading="lazy" width="1024" height="684" src="https://couleurcafe.info/media/2023/07/Malika-Zarra-au-Sunset-Paris-Juin-2023©S.-Nja-Kwa-1-1024x684.jpg" alt="" data-id="48028" data-full-url="https://couleurcafe.info/media/2023/07/Malika-Zarra-au-Sunset-Paris-Juin-2023©S.-Nja-Kwa-1-scaled.jpg" data-link="https://couleurcafe.info/malika-zarra-des-airs-de-liberte/malika-zarra-au-sunset-paris-juin-2023s-nja-kwa-1/" class="wp-image-48028" srcset="https://couleurcafe.info/media/2023/07/Malika-Zarra-au-Sunset-Paris-Juin-2023©S.-Nja-Kwa-1-1024x684.jpg 1024w, https://couleurcafe.info/media/2023/07/Malika-Zarra-au-Sunset-Paris-Juin-2023©S.-Nja-Kwa-1-300x200.jpg 300w, https://couleurcafe.info/media/2023/07/Malika-Zarra-au-Sunset-Paris-Juin-2023©S.-Nja-Kwa-1-768x513.jpg 768w, https://couleurcafe.info/media/2023/07/Malika-Zarra-au-Sunset-Paris-Juin-2023©S.-Nja-Kwa-1-1536x1025.jpg 1536w, https://couleurcafe.info/media/2023/07/Malika-Zarra-au-Sunset-Paris-Juin-2023©S.-Nja-Kwa-1-2048x1367.jpg 2048w" sizes="(max-width: 1024px) 100vw, 1024px" /></a><figcaption class="blocks-gallery-item__caption">Malika Zarra au Sunset Paris Juin 2023©S. Nja Kwa</figcaption></figure></li></ul></figure>
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