Le Culte de Kossi Mawun

Originaire du Togo, Kossi Mawun est un enfant du Vodun dont il s’inspire. Son nouvel album, intitulé Culte, est un modèle du genre. Entre rythmique vodun et Bebop, tel un prêcheur, il nous guide dans son monde. Découverte.

Couleur Café : Ok, Kossi Kossi, ça veut dire quoi ?

Kossi Mawun : Kossi, c’est tout simplement le prénom que l’on donne à un enfant qui nait un dimanche, c’est mon cas.

CC : Et tu as appelé cet album Culte, pourquoi ?

KM : Il s’agit d’un mélange de chants traditionnels du Togo. Ces chants sont joués dans des couvents, lors des harmonies vodun. Il existe des chants traditionnels, avec des rimes traditionnelles, des harmonies pentatoniques. Il y a tout un mélange de percussions et de batterie.

CC : C’est ton deuxième album ? qu’est-ce qui t’a poussé à mélanger les rythmes à la fois traditionnels et moderne jazz ?

TKM : oui c’est mon deuxième album. Il est vrai que je joue du bebop, mais je ne pourrais jamais jouer comme un Américain. J’y ai mis mon identité, mes traditions. C’est ce qui fait la spécificité de n’importe quel artiste. Lorsque tu vas au Maroc par exemple, ils rajoutent leur propre identité dans le jazz. C’est ce qui fait que je m’identifie par rapport aux rythmes de chez moi, que je mélange avec un jazz contemporain.

CC : Y-a-t-il des artistes ou des musiques qui t’inspirent ?

KM : J’ai écouté beaucoup d’albums de jazz. Comme Pat Metheny, le batteur, Makaya McCraven, Elvin Jones, Dave Holland. Leur musique m’inspire. En ce qui concerne mes compositions, j’écoute les chants traditionnels, que je transforme et que je retranscris en jazz. Parfois, je suis inspiré par la mélodie, les chants. La nuit, il m’arrive de me réveiller et de chanter une mélodie sur mon portable, que j’associe à un rythme. Ensuite, j’appelle à mon pianiste, je lui dicte les mélodies, puis nous trouvons les accords et les harmonies qui nous servent de base pour une chanson.

CC : Combien de temps pour réaliser cet album ?

KM : Je travaille sur ce projet depuis 2023. Il faut des moyens, je suis auto producteur il fallait être patient. Chaque fois que je gagnais un peu de sous, je l’investissais sur mon disque.

CC : Qui est la chanteuse avec qui tu joues ?

KM : C’est la femme d’un ami. J’étais chez lui lors d’un rituel. Sa femme a commencé à chanter, Ça m’a plu, alors je l’ai enregistrée en studio. Elle a chanté tout ce qu’elle savait. Ce sont des chants traditionnels vodun, c’était naturel pour elle. Puis nous  avons trouvé les accords, le rythme, la ligne de basse. Je travaille de façon instinctive mais je sais ce que je veux.

CC : Tu es venu en France pour une date au Rocher de Palmer le 20 novembre dernier…

KM : Oui je suis passé en première partie du batteur américain Makaya McCraven. J’étais accompagné du bassiste David Kokodoko et du pianiste Joackim Amouzou.

CC : Est-ce que tu prévois de faire des concerts en Europe ?

KM : Pour l’instant, je serai à Jazzhead à Brême (Allemagne) en 2026 et j’espère avoir d’autres dates.

Album Culte, 2025

Une musique inspirée des cultes vodun, cet opus est une pépite que je vous invite à découvrir.

Ewané Nja Kwa

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